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Le PQ divisé

Radio-Canada

L'ancien chef du Parti québécois, Bernard Landry, et le nouveau député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, ne partagent pas l'avis de Louis Bernard, qui croit que le parti ne doit miser que sur la souveraineté.

L'ancien premier ministre du Québec, Bernard Landry, ne partage pas du tout l'avis de l'ancien haut fonctionnaire Louis Bernard. Ce dernier, candidat défait à la direction du PQ en 2005, croit que le Parti québécois ne doit miser que sur la souveraineté lors des prochaines élections.

Lors d'une entrevue avec Michel Viens à RDI, mardi matin, M. Landry a déclaré que les péquistes feraient une grave erreur en renonçant à gouverner le Québec en tant que province, comme le propose Louis Bernard.

Il est convaincu que la promesse d'un référendum doit demeurer au coeur de la plateforme péquiste, mais il ne voit pas comment le Parti québécois pourrait en faire son unique cheval de bataille durant une campagne électorale.

« Je trouve que [Louis Bernard] simplifie un peu. Imaginez une campagne électorale de 30 jours, un débat des chefs, etc. Le PQ ne parlerait que d'une chose. Les Québécois ne sont pas tous obsédés par la souveraineté. [...] Il y en a qui votent pour qu'on prolonge l'autoroute 30. [...] Qu'est-ce qu'on dit à ceux-là durant la campagne? [...] La souveraineté ne va pas faire que les urgences vont se vider le lendemain, [...] il faut être réalistes ».

M. Landry croit aussi que la position de M. Bernard est intenable, puisqu'on s'en va vers une proportionnelle.

Ça veut dire deux ou trois partis souverainistes qui parleraient d'environnement, d'économie, de social et un qui ne parlerait que de souveraineté. Ça poserait un problème.

Bernard Landry

Bernard Drainville met son grain de sel

Un peu plus tard, cette fois-ci en entrevue avec Christiane Charette à la Première Chaîne, le député péquiste de la circonscription de Marie-Victorin, Bernard Drainville, a déclaré qu'il était en total désaccord avec Louis Bernard.

« On va risquer que le Parti québécois disparaisse parce qu'on dit aux Québécois: crois ou meurs, vous êtes souverainistes ou vous ne l'êtes pas, si vous ne l'êtes pas, on meurt, ça n'a pas de bon sens. »

Selon Bernard Drainville, le Parti québécois, ce n'est pas seulement un objectif, la souveraineté, c'est aussi un programme. Il croit donc qu'il faut expliquer comment l'indépendance va changer la vie des Québécois pour le mieux.

Pas question de jouer l'avenir du PQ sur un coup de dés. Le PQ, ce n'est pas seulement la souveraineté. C'est surtout la souveraineté, mais pas juste la souveraineté.

Bernard Drainville

Entrevue exclusive

Dans une entrevue exclusive accordée à la télévision de Radio-Canada, lundi, Louis Bernard affirme que la souveraineté doit être remise au centre de l'action du parti.

Cet ancien secrétaire général du Conseil exécutif sous René-Lévesque et Jacques Parizeau et ex-conseiller de Robert Bourassa se prononce contre l'idée de remettre à plus tard un référendum sur la souveraineté si le Parti québécois prenait le pouvoir aux prochaines élections.

Il ne veut plus que le PQ propose un bon gouvernement. Le seul engagement du parti, son seul programme, sera de réaliser la souveraineté après un référendum rapide, dit-il. Le message envoyé à la population doit être clair: « Si vous n'êtes pas prêt à faire la souveraineté avec le Parti québécois, ne votez pas pour le Parti québécois », dit-il.

Le PQ doit refuser à l'avance de gouverner le « Québec-province » et, s'il perd le référendum, son gouvernement doit démissionner, ajoute-t-il.

Cette prise de position entre en collision directe avec les propos de l'actuel chef péquiste, André Boisclair.