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Ottawa confirme son aide

Radio-Canada

Le ministre fédéral de l'Industrie, Maxime Bernier, contribue au secteur aérospatial en versant 900 millions de dollars en recherche et développement.

Le ministre fédéral de l'Industrie, Maxime Bernier, a confirmé lundi, à l'Université de Montréal, un investissement de 900 millions de dollars sur 5 ans en recherche et développement à l'industrie aéronautique.

Ces nouvelles sommes seront versées sous forme de contributions remboursables. En conférence de presse, le député de Beauce a d'ailleurs soutenu que « le risque est minime pour le gouvernement et nous allons récupérer toutes les sommes investies ».

Selon M. Bernier, cet investissement aidera les entreprises à faire face à la concurrence internationale, notamment de l'Europe et des États-Unis.

Les remboursements seront calculés sur les revenus bruts des entreprises bénéficiaires, ce qui diminuera les risques pour l'État, selon le ministre. La période de remboursement sera, en moyenne, de 15 ans. En outre, les entreprises qui ne respecteront pas leur contrat seront identifiées publiquement.

Le Québec, premier bénéficiaire

L'investissement devrait grandement profiter aux entreprises aéronautiques du Québec, comme Bombardier et CAE, qui avaient été déçues par le peu de retombées du contrat d'achat de quatre avions de transport militaire C-17 signé avec Boeing. Le Québec espérait obtenir des retombées équivalant à 60 % de ce contrat d'un milliard de dollars. Ottawa avait toutefois annoncé en février que l'industrie québécoise n'en obtiendrait que 30 %.

M. Bernier a refusé de préciser quelle proportion des 900 millions irait au Québec. Environ 70 % de l'industrie aérospatiale canadienne est concentrée au Québec. Dans la seule région de Montréal, près de 40 000 emplois sont reliés à cette industrie. D'ailleurs, M. Bernier était accompagné du ministre responsable de la région de Montréal, Michael Fortier.

Cette annonce du gouvernement Harper vient alimenter les rumeurs d'élections fédérales au printemps.

L'industrie québécoise plane

C'est à l'unanimité que l'industrie aéronautique québécoise s'est réjouie de l'annonce faite lundi par le gouvernement fédéral.

Hélène Gagnon, vice-présidente aux affaires publiques de Bombardier aéronautique, a qualifié l'annonce gouvernementale de bonne nouvelle, soulignant « qu'à travers le monde, la plupart des pays qui ont des industries aéronautiques bénéficient de programmes de soutien à la recherche et au développement ». Mme Gagnon a tenu à rappeler qu'en vertu de l'ancien programme, Bombardier avait obtenu 142 millions, et que l'entreprise « en a déjà remboursé 36 millions ».

Du côté de CAE, un fabricant de simulateurs de vols, le PDG Robert Brown dit apprécier que ce programme vise uniquement l'aérospatiale et la défense. « C'est clair que c'est une reconnaissance de l'importance de notre industrie », a-t-il dit.

Pour sa part, le syndicat des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA-FTQ) se dit satisfait de l'aide gouvernementale, mais émet un bémol. Le coordonnateur québécois de l'AIMTA, Gilles Brosseau, dit espérer que l'aide prévoit « des garde-fous pour s'assurer qu'un employeur n'utilisera pas ce programme-là pour, ensuite, quelques mois après, déplacer le travail vers le Mexique ou la Chine ».

Au Bloc québécois, le porte-parole pour ce dossier, le député Paul Crête, s'est réjoui du fait que l'annonce « mette fin à une période d'incertitude qui avait suffisamment duré pour l'industrie ».