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La loi 101, version inuktitut

Radio-Canada

Le gouvernement territorial dépose deux projets de loi faisant de l'inuktitut une langue officielle, au même titre que l'anglais et le français, et imposant son utilisation dans les services publics.

Le ministre de la Culture, de la Langue, de l'Éducation et de la Jeunesse du Nunavut, Louis Tapardjuk, a déposé deux projets de loi visant à protéger l'inuktitut sur ce territoire.

Le premier est un projet de loi sur les langues officielles faisant de l'inuktitut, du français et de l'anglais les langues officielles du Nunavut. Le deuxième est un projet de loi imposant l'utilisation de l'inuktitut sur les panneaux de signalisation et dans toutes les institutions publiques ou privées du territoire.

Ainsi, l'affichage en inuktitut devrait être « au moins aussi visible que n'importe quel autre affichage utilisé » dans les services d'urgence, la restauration, les hôtels, les services publics, les télécommunications et les autres services considérés comme essentiels.

Le second projet de loi énonce également le droit à une éducation en inuktitut, malgré le manque de matériel pédagogique disponible dans cette langue. Il propose aussi la création d'un bureau pour déterminer l'utilisation officielle ou même créer de nouveaux mots.

Un commissaire aux langues officielles du Nunavut serait responsable d'appliquer les nouvelles lois, et agirait en fonction des plaintes reçues. Les pénalités pour les contrevenants n'ont pas encore été établies.

Le ministre Tapardjuk a reconnu que la loi 101, ou Charte de la langue française du Québec, dont on célèbre cette année les 30 ans, avait inspiré ses deux projets de loi. Il souhaite protéger l'inuktitut contre l'influence grandissante de l'anglais.

« Si vous allez dans un restaurant, vous ne verrez pas de menu en inuktitut. Tout est en anglais. Dans les magasins régionaux, la majorité des clients sont des Inuits, mais la majorité de l'affichage est en anglais. On se demande qui est vraiment servi », a expliqué Louis Tapardjuk.

Langue toujours vivante

Selon Statistique Canada, plus de la moitié des 30 000 Inuits du Canada (27 000 au Nunavut), considèrent l'inuktitut comme leur langue maternelle. Même si l'utilisation de l'inuktitut est en déclin chez les jeunes, 43 % des Inuits affirment utiliser le plus souvent cette langue à la maison.

Le ministre Tapardjuk s'attend à une certaine opposition du milieu des affaires, en raison du coût d'implantation de ces lois. Il espère tout de même qu'elles seront adoptées d'ici la fin de la session parlementaire.

« Nous ne connaissons aucune loi comme notre projet de protection de la langue. La plus proche que nous pouvons identifier est la loi 101 au Québec », a conclu le ministre.