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Retour sur une défaite plutôt amère

Radio-Canada

Réunis pour faire le bilan de la dernière campagne électorale, des candidats péquistes élus ou défaits remettent en cause les choix de leur chef André Boisclair, sans toutefois réclamer ouvertement son départ.

Réunis à Québec pour faire le bilan de la dernière campagne électorale, plusieurs candidats élus et défaits du Parti québécois ont mis en doute les choix et l'image de leur chef André Boisclair, sans toutefois réclamer ouvertement son départ. Avec 36 sièges, le PQ a enregistré l'un des pires résultats de son histoire.

Par ailleurs, Radio-Canada a appris le PQ ne tiendra pas de congrès spécial en juin prochain pour modifier son programme. L'entourage d'André Boisclair a changé d'idée et a décidé d'organiser plutôt une conférence nationale des présidents du parti. En repoussant la tenue du congrès, c'est un éventuel vote de confiance à l'endroit du chef péquiste qui est également ajourné.

Le député défait dans la circonscription de Blainville, Richard Legendre, a été le seul à souhaiter explicitement une course à la direction du PQ. Il juge que M. Boisclair doit le plus rapidement possible soumettre son leadership au jugement des membres.

« Moi, je trouve qu'après une défaite, ce serait beaucoup mieux s'il y avait automatiquement une course à la direction dans laquelle le chef qui a perdu peut se réinscrire », a déclaré M. Legendre, qui s'était lui-même porté candidat à la dernière course à la direction du PQ.

L'homosexualité d'André Boisclair

De son côté, Rachel Gagnon, qui a été battue par la candidate adéquiste dans Groulx, relance le débat sur l'homosexualité d'André Boisclair. Elle juge que ce dernier a un problème d'image et que, de ce fait, il peut difficilement mener le PQ à la victoire.

« Est-ce que les Québécois, de façon générale, sont prêts à bien vivre avec l'homosexualité? Il faut se le demander. Moi, je me le suis fait dire beaucoup pendant la campagne. Par exemple, on me disait comment M. Boisclair peut-il représenter la famille éventuellement », a indiqué Rachel Gagnon.

Pour sa part, François Legault, réélu dans Rousseau, juge que les résultats de l'élection sont très inquiétants pour le PQ. Cela montre, dit-il, que le parti n'arrive pas à proposer de solutions concrètes aux problèmes des gens.

« Parce qu'on n'a pas présenté justement d'idées concrètes dans la précampagne, je pense qu'on a perdu la précampagne et ça a, en partie, été attribué au chef [...] », a expliqué M. Legault. « S'il y a une course au leadership dans les prochaines semaines ou les prochains mois, je ne serai pas candidat », a-t-il précisé.

Cela dit, avant de poser la question du leadership de M. Boisclair, les péquistes doivent faire un examen de conscience et se « rebrancher » sur les préoccupations de la population, a ajouté M. Legault.

Le syndicaliste Marc Laviolette, défait dans Soulanges, juge quant à lui qu'André Boisclair n'a pas réussi à canaliser le mécontentement à l'égard des libéraux. « Durant la campagne, il a été excellent. Je pense [que là où] on a traîné, c'est l'année qui a précédé l'élection où on a manqué le coche pour ce qui est de fédérer le mécontentement », a-t-il dit.

Pour Claude Boucher, défait dans Johnson par l'ADQ, les choses sont claires: le chef adéquiste Mario Dumont a mené une meilleure campagne que le Parti québécois. « [M. Dumont] a été meilleur que nous », a-t-il affirmé.

Daoust ne veut pas de bouc émissaire

L'ancien président de la Fédération des travailleurs du Québec et militant souverainiste, Fernand Daoust, tente pour sa part de tempérer les ardeurs. « Je pense qu'il faut prendre le temps voulu, analyser et ne pas chercher un bouc émissaire, a-t-il ajouté. [...] La théorie du bouc émissaire, ça m'agace et je pense que c'est un peu facile. Ça défoule peut-être, mais je ne suis pas dans cette phase d'analyse là », a-t-il déclaré.

M. Daoust a néanmoins reconnu que le PQ devait « remettre en question toutes [ses] grandes orientations », mais sans abandonner le projet souverainiste, qui demeure selon lui l'objectif « le plus mobilisateur et le plus stimulant » du parti.

L'ancien syndicaliste a dit craindre qu'une « décision précipitée » au sujet du leadership péquiste n'entraîne « une fuite en avant ». Il estime qu'« il faut faire un profond examen de conscience. »

Fernand Daoust s'était montré assez critique à l'endroit d'André Boisclair, en janvier dernier. Il a été notamment contrarié par les déclarations controversées du chef péquiste sur les syndicats.

Duceppe restera à Ottawa

Pressenti une nouvelle fois pour présider aux destinées du PQ, après la déconfiture du 26 mars, le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a encore une fois nié jeudi les rumeurs. Il a dit vouloir donner le temps au PQ et à André Boisclair de réfléchir à leur défaite de lundi.

Le chef souverainiste a indiqué vouloir continuer ses préparatifs en vue d'une élection fédérale qui pourrait avoir lieu dès ce printemps. « Je me prépare à amener les troupes dans la prochaine campagne. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus? » a-t-il répondu aux journalistes.