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Jeu d'équilibriste

Radio-Canada

Le Québec vivra avec un premier gouvernement minoritaire en près de 130 ans. Équilibre fragile et nombreuses négociations politiques sont à prévoir.

C'est une première depuis 1878: le Québec a choisi d'élire un gouvernement minoritaire, que dirigera le premier ministre libéral Jean Charest.

En vertu de la tradition parlementaire québécoise, le gouvernement doit, pour exercer le pouvoir exécutif, avoir l'appui d'une majorité des députés de l'Assemblée nationale, selon le principe du gouvernement responsable.

Si, sur une question importante, plus de 50 % des députés lui refusent leur confiance, le premier ministre doit présenter la démission de son gouvernement. Le représentant de la couronne britannique déclenche alors de nouvelles élections, comme le veut la tradition.

Dans une situation minoritaire, le gouvernement est dans une position encore plus délicate. Il doit toujours s'assurer d'avoir le soutien d'assez de parlementaires n'appartenant pas à sa formation pour obtenir l'appui d'une majorité à l'Assemblée.

Un parti d'opposition, s'il a assez de députés pour que son appui confère une majorité au gouvernement, obtient ainsi une certaine influence. En échange de ses votes, il peut demander des concessions ou des mesures au gouvernement.

La durée de vie d'un gouvernement minoritaire est généralement plus courte que celle d'un gouvernement majoritaire. Le premier ministre ne peut jamais tenir pour acquis le soutien de l'Assemblée. S'ils sont insatisfaits du gouvernement et prêts à se lancer dans une campagne électorale, les partis d'opposition peuvent le renverser sur une question de confiance et déclencher des élections.

Du jamais vu depuis presque 130 ans

Dans l'histoire du Québec, depuis la Confédération de 1867, on a élu une seule fois un gouvernement minoritaire.

Après le scrutin du 1er mai 1878, les conservateurs détenaient 32 sièges au sein de ce qu'on appelait alors l'Assemblée législative, contre 31 pour les libéraux. Deux députés indépendants complétaient le tableau.

Avec l'appui de ces derniers, dont un nommé président de l'Assemblée, le libéral Henri-Gustave Joly de Lotbinière a finalement réussi à former un gouvernement, sans avoir une majorité de sièges. C'est le président de l'Assemblée législative qui a assuré la survie de ce gouvernement pendant quelques mois.

Dans la première moitié de 1879, Joly de Lotbinière remporte deux élections complémentaires, renforce ses assises, et obtient une majorité de sièges.

En octobre de la même année, cinq députés libéraux font défection. Le nouveau lieutenant-gouverneur, un conservateur, refuse de dissoudre l'Assemblée et invite le chef conservateur Joseph-Adolphe Chapleau à former le gouvernement. (Source: Le Devoir)

Situation récurrente au fédéral

Au fédéral, on a connu davantage la réalité des gouvernements minoritaires. L'actuel gouvernement conservateur de Stephen Harper en est un, comme le précédent, qu'a dirigé le libéral Paul Martin de l'été 2004 à l'hiver 2006.

Joe Clark, Pierre Elliott Trudeau, Lester B. Pearson, John Diefenbaker, Arthur Meighen et William Lyon MacKenzie King ont aussi dirigé des gouvernements minoritaires à Ottawa.

La durée de vie de ces gouvernements a été de moins d'un an et demi, en moyenne.