•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Voter à visage découvert

Radio-Canada

Pour apaiser la controverse sur l'identification des femmes intégralement voilées, le directeur général des élections du Québec annonce que toute personne qui voudra voter lundi devra avoir le visage découvert. Mario Dumont, André Boisclair et Jean Charest saluent la décision.

Le directeur général des élections du Québec annonce que toute personne qui voudra voter lundi devra avoir le visage découvert.

À la suite de la controverse qui a entouré toutes les modalités du vote des femmes intégralement voilées, le DGE a jugé nécessaire d'intervenir afin d'éviter des débordements et d'assurer un climat serein le jour du scrutin.

L'article 490 de la loi électorale permet au DGE de modifier la loi dans de tels cas.

Lors d'une conférence de presse à Québec, vendredi, le DGE a précisé que cette mesure exceptionnelle n'est que ponctuelle, mais qu'une réflexion devra être menée afin de déterminer si la loi devrait être modifiée de façon plus permanente.

Il ajoute avoir pris cette décision avec l'accord des trois partis politiques représentés à l'Assemblée nationale.

Au cours des dernières heures, le bureau du DGE a reçu plusieurs menaces à ce sujet. La Sûreté du Québec avait décidé d'agir, trois agents assurant au cours des dernières heures la sécurité du directeur des élections et de ses locaux.

Marcel Blanchet a indiqué que son bureau avait reçu de nombreux messages et lettres d'inquiétudes des citoyens. Il a déploré un certain dérapage dans ce dossier:

Des menaces de troubler la quiétude électorale, des gens nous disaient qu'ils inciteraient leur entourage à arriver pour voter avec toutes sortes de déguisements les plus farfelus qu'on puisse imaginer. Alors vous imaginez-vous nos officiers électoraux avoir à faire face à des situations loufoques comme celles-là?

Marcel Blanchet

Article 490 de la Loi électorale

Si, pendant la période électorale ou pendant une période de recensement ou de révision, le directeur général des élections constate que, par suite d'une erreur, d'une urgence ou d'une circonstance exceptionnelle, une disposition de la présente loi ne concorde pas avec les exigences de la situation, il peut adapter cette disposition pour en réaliser sa fin.

Il doit cependant informer préalablement les partis autorisés représentés à l'Assemblée nationale de la décision qu'il entend prendre, et prendre tous les moyens nécessaires pour informer les autres partis autorisés, les candidats et les électeurs visés de la décision qu'il a prise.

Dans les 30 jours suivant le jour du scrutin ou la fin du recensement ou de la révision, le directeur général des élections doit transmettre au président ou au secrétaire général de l'Assemblée nationale un rapport des décisions qu'il a prises en vertu du présent article. Le président dépose à l'Assemblée nationale ce rapport dans les 30 jours de sa réception ou, si elle ne siège pas, dans les 30 jours de la reprise de ses travaux.

Dumont satisfait

Peu après l'annonce du DGE, le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a réagi. En point de presse, il a salué la décision d'obliger toute personne à voter à visage découvert.

Selon lui, il s'agissait de la décision logique à prendre pour être en conformité avec la loi électorale. Selon le chef adéquiste, permettre à des femmes de voter entièrement voilées n'était pas du tout un accommodement raisonnable, puisque c'était contraire à la loi et le DGE se devait de remettre les pendules à l'heure.

Il a ajouté n'avoir jamais perdu confiance en l'institution du DGE pendant cet épisode.

Un peu plus tôt, M. Dumont avait affirmé, dans le cadre d'une entrevue radiophonique, qu'il allait lui demander des éclaircissements sur cette question. « On ne comprend plus de quelle façon on applique la loi, estime le chef adéquiste. Il faut arrêter le niaisage. »

Jeudi, Mario Dumont avait fait preuve de beaucoup plus de prudence, déclarant que les partis politiques n'avaient pas à commenter la décision du DGE.

Une question close, selon André Boisclair

De son côté, le chef du Parti québécois André Boisclair s'est réjoui de la décision du DGE.

Je veux remercier simplement le directeur général des élections d'avoir révisé sa position. Dans mon livre à moi, cette question là, elle est close.

André Boisclair

Un peu plus tôt, le chef péquiste avait écrit une lettre au DGE du Québec pour lui demander, sans engager de débat juridique dans l'immédiat, de réfléchir à l'interprétation qu'il avait initialement faite de la loi.

André Boisclair a aussi affirmé qu'un éventuel gouvernement péquiste serait prêt à modifier la loi électorale québécoise pour obliger les électeurs à se présenter aux urnes avec le visage à découvert. Devant des militants à Joliette, le chef péquiste a déclaré que cette politique serait appliquée peu importe la culture religieuse de chacun.

M. Boisclair a rappelé qu'il avait été le premier chef de parti à dénoncer l'interprétation de la loi par le DGE. Il s'est même vanté d'avoir poussé son adversaire adéquiste, Mario Dumont, à changer sa position.

Charest approuve aussi le DGE

Le chef libéral a lui aussi salué la décision du DGE. « Je pense que le DGE a raison, suite à la consultation qu'il a faite des trois partis, de se prévaloir des droits exceptionnels qui sont prévus dans la loi électorale pour s'assurer que chaque électeur est bien identifié », a déclaré Jean Charest en point de presse aux Île-de-la-Madeleine.

Il estime qu'il s'agissait de la bonne décision à prendre et que cela permettra au vote de se dérouler correctement.

Bon à savoir

Le niqab est un voile, porté par un nombre infime de musulmanes au Québec, qui recouvre toute la tête et le visage, sauf les yeux.