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La confiance de Charest

Radio-Canada

En entrevue à Radio-Canada, le chef libéral se voit encore à la tête d'un gouvernement majoritaire, même si les sondages indiquent une lutte serrée à trois.

En entrevue avec Bernard Derome dans son autobus électoral, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Jean Charest, s'est montré confiant quant aux chances de sa formation de former un gouvernement majoritaire, au lendemain du 26 mars prochain.

Même si les sondages prédisent une lutte serrée à trois, M. Charest dit puiser son optimisme dans ce qu'il voit sur le terrain. Il est d'autant plus persuadé de sa victoire que « l'ADQ promet n'importe quoi », faisant remarquer que les bureaux de vote par anticipation ont fermé et que les électeurs n'ont même pas eu l'occasion de connaître les chiffres du parti de Mario Dumont.

Interrogé sur sa promesse non tenue de baisser les impôts en 2003, le chef libéral a indiqué que les finances publiques ne le permettaient pas, en raison du trou laissé selon lui par le Parti québécois (PQ).

Quoi qu'il en soit, le PLQ promet cette fois-ci encore une baisse d'impôts, grâce à la réponse obtenue de la part du gouvernement sur le déséquilibre fiscal. M. Charest juge essentielle la réduction des impôts pour les classes moyennes.

Évoquant les transferts consentis par Ottawa dans son dernier budget, le chef du gouvernement sortant estime qu'il s'agit d'un « grand pas, un succès, mais aussi une victoire de leadership du gouvernement québécois, la démonstration que le système fédéral peut marcher à l'avantage du Québec, à condition d'exercer son leadership. »

M. Charest reconnaît toutefois qu'« il y a encore du travail à faire pour l'éducation postsecondaire et la formation de la main-d'oeuvre. »

Par ailleurs, le chef libéral se défend de pourfendre de manière obsessionnelle les velléités souverainistes du PQ. « Ce n'est pas moi qui promets un référendum, c'est M. Boisclair », dit-il.

Charest défend son bilan

Il rappelle notamment les réalisations de son gouvernement en santé et met aussi en exergue l'amélioration de la cote de crédit du Québec, le bas taux de chômage et la réduction du nombre de personnes sur l'aide sociale, qui sont autant d'exploits que M. Charest met à l'actif de son cabinet.

À l'autonomie prônée par Mario Dumont, du reste comparée à la politique de la « chaise vide », Jean Charest oppose le fédéralisme d'ouverture.

« On a créé le Conseil de la fédération, on a obtenu la reconnaissance du fédéralisme asymétrique, la reconnaissance du Québec comme nation, le rapatriement du programme de congés parentaux, la reconnaissance du rôle du Québec à l'UNESCO, c'est une autonomie réelle et pas de discours », affirme-t-il.

M. Charest rappelle qu'il ne rouvrira pas la Constitution, jugeant que « le fruit n'est pas encore mûr. »

À propos des accommodements raisonnables, le leader du PLQ ne voit pas de décalage entre Montréal et les régions quant à la perception de la diversité ethnique et culturelle.

« Il y a un questionnement qui existe partout, y compris dans les communautés culturelles. Le plus important c'est d'avoir un débat, et nous avons des valeurs incontournables, dont l'égalité entre les hommes et les femmes », fait-il remarquer tout en rappelant le vote de l'Assemblée nationale contre l'instauration de tribunaux islamiques.

En somme, M. Charest croit que les Québécois, qui sont minoritaires en Amérique du Nord, ne sont pas racistes et qu'ils ont une tradition d'accueil.