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Faire payer les gros pollueurs

Radio-Canada

Stéphane Dion présente un ambitieux projet qui vise à fixer des quotas d'émissions de gaz à effet de serre aux entreprises les plus polluantes du pays.

Stéphane Dion a présenté, vendredi matin, son projet qui vise à fixer des quotas d'émissions de gaz à effet de serre aux entreprises les plus polluantes du pays.

L'objectif principal est d'amener les compagnies à participer à la lutte contre le réchauffement climatique par une série de mesures incitatives et contraignantes. Dès le 1er janvier 2008, un futur gouvernement libéral établirait des « quotas absolus d'émissions » équivalant, pour chaque entreprise, à 6 % sous leur niveau de 1990, comme le prescrit le protocole de Kyoto.

Chaque entreprise devrait respecter son budget carbone ou payer 20 $ par tonne de CO2 excédentaire dans une fiducie verte (30 $ à compter de 2011). Selon les estimations libérales, il en coûterait actuellement environ un milliard aux entreprises, soit 3 % de leurs profits tels que calculés en 2005.

Toutefois, si les compagnies avaient des idées pour rendre leurs installations moins énergivores et plus vertes, elles pourraient accéder à la moitié des « amendes » payées pour financer leur lancement.

Le plan libéral jouit déjà de la caution non équivoque de groupes écologistes. Le directeur de l'Institut Pembina, un groupe environnementaliste, Matthew Bramley, l'a déjà qualifié du « plus ambitieux projet jamais présenté par un parti politique ».

De son côté, le directeur de Greenpeace Québec, Steven Guilbault, s'est dit « agréablement surpris ». « Contrairement à ce que les libéraux nous avaient présenté jusqu'à maintenant, la cible [de réducrion de GES] est beaucoup plus importantes. En fait, elle correspond à ce que nous demandions depuis des années », a-t-il déclaré.

Pas une taxe

Le « budget carbone » n'est pas une taxe supplémentaire, a précisé le chef libéral. C'est plutôt une série de mesures qui « reposent sur les forces du marché », qui permettront le développement de technologies vertes.

Nous devons équilibrer notre budget carbone. Nous devons transformer notre déficit environnemental en excédent d'innovation.

Stéphane Dion

Dans son communiqué, le chef libéral insiste beaucoup sur le parallèle entre le budget d'une famille et le budget environnemental. « Toute famille comprend l'importance d'un budget. Il faut équilibrer dépenses et revenus. Si nous économisons, nous pouvons investir pour préparer notre avenir, a poursuivi M. Dion. Il est temps d'adopter une stratégie semblable afin de réduire nos émissions de carbone. »

Selon le chef libéral, les 700 entreprises les plus polluantes contribuent à émettre 50 % des gaz à effet de serre du Canada. Elles appartiennent presque exclusivement aux secteurs du pétrole, du gaz et de l'électricité.

Pour leur part, les conservateurs n'ont toujours pas présenté leur plan, mais ils y travaillent depuis plusieurs mois.