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Le «peak» d'Alex Harvey

Radio-Canada

Quoi? Harvey 3e? Tu parles qu'on tue la une!

Alex Harvey est devenu mercredi le deuxième Canadien de l'histoire à remporter une médaille aux Championnats du monde juniors. Après Marie-Josée Pépin en 1989.

Il faut comprendre l'importance de l'exploit. Le mettre en relief.

« C'est comme gagner la Coupe Stanley, quant à moi, et plus encore! dit son père Pierre. Surtout à 18 ans, ça veut dire que pour 2010, c'est un potentiel. »

Alex a fini à 31 secondes du vainqueur. En 23 min 11 s. Dix kilomètres. Ça fait 2 min 3 s en moyenne au kilomètre, ça. Y compris une montée! Et une descente où, sur ce parcours très technique, il n'y avait pas moyen de récupérer. Il est big time, comme dirait un de mes collègues.

« Un fondeur en bonne forme va faire 5 minutes au kilomètre, dit Pierre. Une personne ordinaire, environ dix minutes. Ça devait être des conditions rapides. Moi, je faisais en moyenne 3 minutes au kilomètre. C'est très, très rapide. »

Le ski de fond, comme plein d'autres sports, est beaucoup affaire de sommet de forme. Le peak. Ce mot niche dans les tripes d'un athlète comme Alex. Atteindre le sommet de sa forme au bon moment, au bon endroit.

C'est l'histoire de cette médaille de bronze. Que personne n'attendait.

« Personne s'y attendait, a dit Alex mercredi soir à son hôtel. Mais cette année, il y a des courses où ça a été moins bien, mais d'autres, comme à Canmore, j'ai fini au sprint avec les meilleurs séniors.

« Je me suis dit que si je pouvais peaker aux Championnats du monde, j'avais des chances de faire un top 5. »

« Je suis surpris, mais en même temps, je m'y attendais un peu, confie son entraîneur Louis Bouchard, qui accompagne l'équipe canadienne en Italie. Je sais ce qu'il peut faire, tout ce qui manquait, c'était une question de timing. »

Et puis il y a son grand ami Frédéric Touchette. Meilleur Canadien mercredi après Alex avec une 39e place. Ils sont inséparables.

« C'est sûr que Frédéric a une influence, affirme le paternel. Ils se connaissent depuis l'âge de 10 ans. Alex est pas toujours top shape. Dans ce temps-là, en ski à roulettes par exemple, il se met en arrière de Frédéric qui le tire. Si t'enlèves tes chums, c'est sûr que dans deux ans t'en fais pu de ski de fond. »

Le peak, donc. Alex a la recette. Et cette recette est mentale, ça ne s'apprend pas!

Pierre: « Sur 20, il y en a un, peut-être deux qui peuvent contrôler ça. C'est une recette que si 500 entraîneurs la connaissaient, ils l'appliqueraient! C'est un mélange de forme et de psychologique.

« Quand arrive un grand événement, il y en a qui chokent. Ils sont surentraînés, ils sont stressés. Alex, lui, est capable de mettre tous les morceaux ensemble. »

Ouf!

Ce jeune homme n'a que 18 ans et déjà il est immense. Dans la tête. Un océan de concentration dont les vagues déferlent à marée haute.

Ceux qui ne voient pas le champion feraient bien de s'ouvrir les yeux.

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