•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Boisclair courtise les gens d'affaires de Québec

Radio-Canada

Le chef péquiste veut promouvoir davantage l'économie de la Vieille Capitale. Il doit par ailleurs répondre à des questions sur une expression qu'il a utilisée pour décrire les Asiatiques.

La région de Québec pourrait bien contribuer à décider qui du PLQ, du PQ ou de l'ADQ formera le prochain gouvernement. Jeudi, le chef du Parti québécois, André Boisclair, s'est donc fait charmeur lors d'une allocution devant la Chambre de commerce de Québec.

M. Boisclair a tout d'abord tenu à souligner le travail des gens d'affaires de Québec pour revitaliser et donner un nouveau souffle à l'économie de la ville. Il a notamment parlé de la vigueur de la croissance économique et du faible taux de chômage.

Mais selon M. Boisclair, il faut aller encore plus loin. S'il est élu, le chef péquiste entend faire de la Vieille Capitale un pôle majeur de l'économie québécoise et une véritable capitale nationale.

Il s'est notamment engagé à promouvoir davantage le système de transports en commun de Québec. Il promet ainsi de financer une étude de faisabilité pour un projet de tramway dans la ville. Selon M. Boisclair, en plus de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, un tramway permettrait aux utilisateurs de se rendre au travail et de revenir à la maison plus rapidement que s'ils prenaient leur voiture.

Il s'engage aussi à stimuler davantage l'industrie du spectacle, notamment du cinéma. Il en a profité pour vilipender le gouvernement libéral sortant sur le fait que le créateur Robert Lepage a dû fermer sa compagnie de production et a décidé de ne plus tourner à Québec en raison du manque de fonds. Il veut donc redonner aux artistes de la Vieille Capitale les moyens nécessaires pour créer et diffuser leurs oeuvres.

Un gouvernement du Parti québécois fera tout ce qu'il peut faire pour que la beauté de Québec rayonne à nouveau sur les écrans du Québec et sur les écrans du monde. Nous redonnerons à cette industrie la place qui lui revient.

André Boisclair

M. Boisclair veut aussi profiter de la réfection de l'aéroport Jean-Lesage pour développer un parc industriel dans cette partie de la ville.

Le chef péquiste veut également aider le secteur de la recherche et du développement qui, selon lui, a été complètement abandonné par les libéraux au cours de leur mandat. Il promet ainsi de verser 150 millions supplémentaires, dont 45 iront à Québec, pour aider les chercheurs à commercialiser leurs idées.

Il propose aussi d'implanter un centre d'exploration en sciences et technologies.

Il veut aussi aider l'économie québécoise à mieux concurrencer les économies émergentes, comme la Chine. Il a notamment parlé du laisser-aller des libéraux sur ce terrain, en particulier le secteur manufacturier. Selon M. Boisclair, ce secteur a perdu 100 000 emplois depuis 2003, dont 33 000 uniquement le mois dernier, et c'est inacceptable.

Il suffirait qu'une seule personne de plus perde son emploi le 26 mars pour que ça commence à aller mieux au Québec.

André Boisclair

M. Boisclair a ensuite lancé quelques flèches à Mario Dumont. Il a rappelé les critiques adressées à M. Dumont depuis le début de la campagne, principalement le fait que M. Dumont n'ait pas d'équipe pour mener à bien les intérêts du Québec.

Il a ajouté que M. Dumont, comme M. Charest d'ailleurs, ne proposait absolument rien dans son programme pour aider l'économie. Il a déploré notamment le manque d'engagements adéquistes en recherche et développement.

Les « yeux bridés »

M. Boisclair a par ailleurs indiqué qu'il n'avait pas du tout l‘intention de s'excuser pour avoir dit que les étudiants asiatiques avaient les « yeux bridés » comme le réclame Fo Niemi, directeur général du Centre de recherche-action sur les relations raciales.

M. Boisclair a utilisé cette expression mercredi pour décrire les étudiants asiatiques qu'il a rencontrés lors de son séjour à l'université Harvard.

M. Niemi soutient que les commentaires de M. Boisclair ont une connotation raciste. M. Boisclair soutient au contraire qu'il avait utilisé cette expression pour souligner son émerveillement devant les étudiants asiatiques.

Il dit utiliser cette expression très souvent sans sous-entendre quoi que ce soit de négatif. Il mentionne aussi que M. Niemi entretient de longue date un débat politique avec lui.

Charest défend Boisclair

Fait rare en cette campagne électorale, le chef libéral a volé au secours de son adversaire péquiste estimant que « M. Boisclair n'a pas utilisé cette expression dans un sens péjoratif. »

M. Charest a expliqué qu'en politique, le choix des mots n'est pas toujours évident, et a ajouté que c'est le lot des politiciens d'être toujours sous les feux de la rampe.

« Je connais assez M. Boisclair pour savoir qu'il n'est pas irrespectueux envers les Québécois ou d'autres personnes d'origine asiatique », a affirmé Jean Charest .

M. Boisclair a par ailleurs accueilli plus favorablement le soutien que Jacques Parizeau lui a accordé mercredi soir. Le chef péquiste voit dans ce geste un message de ralliement des souverainistes et des progressistes. Il perçoit aussi le geste comme une reconnaissance par les Québécois de la feuille de route du parti et de la manière dont il l'a défendu au débat des chefs.