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Un travailleur apostrophe Jean Charest

Radio-Canada

Dur 23e jour de campagne pour le chef libéral, qu'un ouvrier en colère de Varennes a interpellé, l'accusant de ne pas avoir respecté ses promesses électorales, notamment en matière de baisse d'impôts.

Le chef libéral Jean Charest a été interpellé par un travailleur d'usine, à Varennes, dans la circonscription de Verchères, où sa campagne s'est arrêtée jeudi matin.

Un ouvrier, qui faisait partie d'un groupe de travailleurs, a reproché au chef libéral et premier ministre sortant de ne pas avoir respecté ses promesses et d'avoir étranglé la classe moyenne avec de nombreuses hausses de tarifs.

M. Charest a été harangué par Richard Lévesque, après avoir pris la parole devant les employés de l'entreprise ABB, qui fabrique des transformateurs électriques, ce jeudi matin.

Vous parlez d'enrichissement avec l'exportation d'hydroélectricité, mais moi, je ne vois pas où je m'enrichis, mon compte d'hydro augmente à toutes les maudites années

Richard Lévesque

L'homme a aussi critiqué vivement les hausses de taxes scolaires, de taxes municipales et de droits d'immatriculation.

Jean Charest s'est défendu, déclarant que c'est pour cette raison qu'il fallait baisser les impôts au Québec, ce à quoi l'homme a répliqué: « Comme vous aviez dit à votre dernier mandat, on va baisser les impôts ».

J'ai perdu du pouvoir d'achat en maudit depuis que vous avez dit ça, vous êtes mieux de rien dire, ça me coûte trop cher quand vous parlez

Richard Lévesque

Aux côtés de M. Lévesque, Jacques Chicoine s'est aussi inquiété à haute voix au sujet des impôts qu'il doit payer.

Saviez-vous que?

La circonscription de Verchères est un bastion péquiste depuis 1976.

Jean Charest a rapidement mis fin à sa visite d'usine, laissant derrière lui un groupe d'ouvriers mécontents, qui ont déclaré aux journalistes ne plus croire aux vieux partis. Certains ont indiqué qu'ils comptaient appuyer l'Action démocratique du Québec.

Devant l'Institut économique de Montréal

Le chef du Parti libéral du Québec a ensuite prononcé une allocution à l'Institut économique de Montréal.

Vantant son bilan, il a réaffirmé les cinq priorités d'un gouvernement libéral en matière de saine gestion de l'État, parmi lesquelles le contrôle de la dette et le contrôle de l'augmentation des dépenses.

Il a indiqué que lorsque son parti est arrivé au pouvoir, la taille de la dette représentait 46,1 % du PIB. Ce chiffre a été ramené à 43 % et dans deux exercices financiers la dette représenterait 41,6 % du PIB, selon lui.

Il a aussi évoqué les grands projets de développement énergétique de son gouvernement.

En soirée, M. Charest participera à l'enregistrement de l'émission Tout le monde en parle de Radio-Canada.

Charest enfonce Dumont

En point de presse, Jean Charest est ensuite revenu sur les échanges qu'il a eus avec un travailleur, qualifiant ironiquement celui-ci de son « plus coriace adversaire de la semaine ». Il a estimé que chacun a le droit de parler et de donner son avis.

Le chef libéral a commenté aussi les piques lancées par son adversaire adéquiste, lors du débat de mardi soir. Il a parlé encore d'« irresponsabilité » de Mario Dumont, ajoutant que ses révélations le poursuivront toute sa vie. « Il [M. Dumont] ne mérite pas la confiance des électeurs », a-t-il martelé.

Cinglant, M. Charest a reproché à M. Dumont de « profiter d'une tragédie » et de s'adonner à de la « désinformation », en référence aux accusations du chef adéquiste relativement à l'effondrement du viaduc de la Concorde de Laval, en septembre 2006.

Jean Charest s'est défendu par ailleurs de n'avoir pas totalement tenu ses promesses en matière de baisse d'impôts, répétant que son gouvernement a effectué des réductions de 250 millions de dollars et que, ce faisant, il a parcouru 65 % du chemin pour atteindre la moyenne canadienne.

Le chef libéral va-t-il changer de stratégie de campagne? Le principal intéressé laisse entendre qu'il n'y a pas de changement en vue. « Nous allons parler encore des enjeux, du fond des choses [...] Il n'y a pas de solution magique », a-t-il indiqué.

Entre un André Boisclair « qui ne parle que de référendum » et un Mario Dumont « démagogue, homme seul, qui ne peut gouverner », Jean Charest a tenté de s'imposer comme un choix salvateur.