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Pour une ouverture sur le monde

Radio-Canada

Un groupe d'auteurs écrivant en français sans être Français, dont Nancy Huston, dénonce le nombrilisme auquel les maîtres-penseurs ont confiné la littérature en France et annonce la mort de la francophonie.

Ils sont 44.

Ils sont écrivains et ils écrivent en français sans être nécessairement nés en France.

Ce groupe d'écrivains publie dans Le Monde des livres un manifeste intitulé Pour une littérature-monde en français.

Parmi les signataires, on note la présence de Tahar Ben Jelloun, Nancy Huston, Alain Mabanckou, Édouard Glissant et Jean-Marie Gustave Le Clézio.

Leur but est double:

  • redonner au roman une ouverture sur le monde et le souffle de la fiction;
  • s'élever contre les inventeurs d'une littérature nombriliste sans autre objet qu'elle-même.

Des révélateurs

Selon eux, l'attribution des grands prix littéraires français 2006 à des écrivains étrangers écrivant en français marque la « naissance d'une littérature-monde en français ».

Ils poussent plus loin la réflexion en se demandant: « Le monde revient et c'est la meilleure des nouvelles. N'aura-t-il pas été longtemps le grand absent de la littérature française ? »

Ils dénoncent les maîtres-penseurs qui ont mis le monde, l'imagination et le souffle de la narration entre parenthèses.

En pleine semaine de la langue française qui se tient du 10 au 20 mars en France, ils annoncent la mort de la francophonie.

Personne ne parle le francophone, ni n'écrit le francophone.

Extrait de Pour une littérature-monde en français

Ils concluent en parlant d'une langue libérée de son pacte exclusif avec la nation, libre de tout pouvoir, sauf ceux de la poésie et de l'imaginaire.

Une idée dans l'air du temps

Cette idée d'une littérature-monde en français était déjà dans l'air. En novembre dernier, le Français Jean Rouaud et le Franco-Congolais Alain Mabanckou avaient abordé ce thème, lors d'une manifestation tenue à Bamako, au Mali. À cette occasion, Jean Rouaud avait écrit: « La langue française a quitté l'île de la Cité pour composer un archipel ».

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