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Le printemps sera chaud

Radio-Canada

Les chefs des partis ne chôment pas cette fin de semaine et continueront à sillonner le Québec pour rencontrer leurs militants. Un travail d'autant plus crucial qu'un nouveau sondage CROP-La Presse confirme la lutte à trois.

Le chef libéral Jean Charest déjeunait avec des militants de la circonscription de Beauharnois, en Montérégie, et participait ensuite à des rassemblements de militants dans La Prairie, Saint-Jean et Iberville, en ce samedi.

Le chef péquiste André Boisclair était pour sa part dans le Bas-St-Laurent. Il rencontrait la presse à St-Léandre de Matane et prononçait une allocution à Rimouski, parlant entre autres d'énergie éolienne.

Et le chef adéquiste Mario Dumont rencontrait la presse à St-Gabriel de Brandon, dans Lanaudière, ce matin. Son sujet: les élections à date fixe. Il fait ensuite campagne à Cap-de-la-Madeleine et à Trois-Rivières.

Sur fond de sondage

Et, alors que nous sommes à mi-campagne, un sondage CROP-La Presse-Cyberpresse publié ce samedi encourage certainement les chefs à intensifier leur campagne dans l'espoir de faire le plein de votes. Le sondage confirme en effet clairement que les partis se dirigent vers une lutte à trois pour la conquête du pouvoir.

Après répartition des 11 % de répondants indécis, le Parti libéral obtient 33 % des intentions de vote, contre 29 % pour le Parti québécois et 26 % pour l'Action démocratique. Le sondage témoigne spécifiquement de la progression des appuis à l'ADQ depuis le déclenchement des élections.

Considérant la marge d'erreur de 3 %, tous les scénarios sont ainsi sur la table, notamment celui d'un gouvernement minoritaire.

Ce scénario est d'autant plus envisageable qu'au sein de l'électorat francophone, le PLQ est en troisième position, avec 24 % de l'appui populaire, contre 31 % pour l'ADQ et 32 % pour le PQ.

Québec solidaire et le Parti vert recueillent chacun 6 % des voix, tant sur le total des répondants qu'en ne tenant compte que des francophones interrogés.

Par rapport à la mi-février, les libéraux perdent ainsi deux points et le PQ, trois. L'ADQ, surtout, monte de huit points. Québec solidaire gagne un point, mais le Parti vert du Québec baisse de 3 points. Voir nouvelle du 22 février

Sur les chefs et les idées

Le chef libéral Jean Charest est par ailleurs vu comme celui qui serait le plus apte à gouverner (31 %), suivi de Mario Dumont (29 %) et d'André Boisclair (19 %).

L'enquête s'attache aussi à sonder le sentiment des Québécois par rapport à certaines promesses des candidats. Par exemple, toujours selon l'enquête d'opinion, les Québécois préféreraient davantage de places à 7 $ dans les garderies plutôt que de profiter de l'allocation de 100 $ par semaine promise par le chef adéquiste Mario Dumont.

Par ailleurs, la moitié des Québécois soutiennent la position du Parti québécois qui favorise le gel des frais de scolarité. Le dégel prôné par le Parti libéral est appuyé par 41 % des électeurs sondés.

D'autre part, 58 % des gens se disent défavorables à la privatisation partielle du parc du Mont-Orford; seulement une personne sur cinq y est favorable.

Enfin, 56 % des Québécois estiment que le système de santé n'a pas changé sous le gouvernement libéral sortant; 26 % croient qu'il est pire et 15 % pensent qu'il s'est amélioré.

Ce sondage a été effectué auprès de 1000 personnes, du 1er au 8 mars. Sa marge d'erreur est de 3 %, 19 fois sur 20. Mais il faut noter que la marge d'erreur augmente lorsque les résultats portent sur certains sous-groupes de l'échantillon.

L'analyse de Richard Nadeau

Richard Nadeau, politologue et spécialiste des sondages a commenté ces chiffres à l'antenne du Réseau de l'information, samedi:

D'abord une mise en garde: « Rappelons qu'un sondage est une photographie, les choses peuvent changer et vite, d'autant qu'il y a le débat, qui est une chose décisive. »

D'autant plus décisive, dit le politologue, que la montée de l'Action démocratique est un fait indéniable, bien au-delà des marges d'erreur. « Le personnage politique se consolide », explique Richard Nadeau, qui précise que l'ADQ a « limé » certaines aspérités de sa plateforme électorale, comparativement aux dernières élections.

On n'est plus dans la marge, il n'y a plus de doute possible. [...] On assiste à une dépolarisation de la question nationale, même si les chefs en parlent beaucoup, les électeurs ne sont pas là, ce qui permet à un courant conservateur modéré au Québec de s'exprimer.

Richard Nadeau

Cependant, il tient à rappeler que les libéraux sont en général sous-estimés dans les sondages, et aussi que l'enquête d'opinion a été menée en partie avant cette semaine, une période au cours de laquelle l'ADQ a connu quelques difficultés.

L'analyste distingue dans l'électorat « trois Québec »: celui qui accorde traditionnellement son appui aux libéraux, notamment le West Island, l'Outaouais et en partie l'Estrie, un autre qui se range derrière le Parti québécois, celui de la couronne montréalaise et de certaines régions périphériques, et un troisième Québec, qui émerge dans des régions bien spécifiques comme Québec, le centre et Chaudières-Appalaches, et se range derrière Mario Dumont.

Ce qui fait que les trois partis pourraient se retrouver avec de solides représentations à l'Assemblée

Richard Nadeau

Il souligne au passage un phénomène, celui de la baisse des deux plus grands partis, le PLQ et le PQ: « Les deux partis écopent, c'est la première fois depuis 1970 que les deux partis en tête font si piètre figure. »