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Réactions nombreuses au Québec

Radio-Canada

Des groupes sociaux, ainsi que les trois chefs de parti en campagne électorale, déplorent qu'une telle situation existe dans la province et prônent une meilleure prévention.

Un reportage qu'a diffusé l'émission Enjeux mercredi soir montre que quelques jeunes Québécoises d'origine indienne ou pakistanaise sont forcées de se marier à des hommes qu'elles ne connaissent pas. Certaines préfèrent se suicider plutôt que d'obéir à leurs parents.

En pleine campagne électorale, les chefs de parti ont réagi avec force à ces révélations.

Le chef péquiste André Boisclair a dit que « personne ne veut vivre dans une société » où le droit fondamental à la liberté est bafoué. Pour sa part, le chef libéral Jean Charest a insisté sur l'importance du dépistage des personnes à risque.

Son intervention va dans le même sens que celle du chef adéquiste Mario Dumont, qui croit que le gouvernement doit pratiquer la politique de la « main tendue aux jeunes qui vivent ce genre de détresse » qui les pousse au suicide.

La présidente de la Fédération des femmes du Québec, Michèle Asselin, est peu surprise du contenu du reportage. Selon elle, les nombreux contacts qu'elle entretient en Inde lui ont dit que de nombreuses femmes se battent au quotidien contre les mariages forcés.

Elle prône l'intervention directe des communautés touchées pour corriger la situation au Québec. « Il existe une immense difficulté pour les filles à appeler à l'aide et à dénoncer leurs propres parents », dit-elle. C'est pourquoi, à son avis, il devrait y avoir dialogue entre les individus à risque et des intervenants de la communauté visée.

Que faire?

Du côté de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), on indique que les employés reçoivent une formation pour être sensibilisés aux problématiques des communautés culturelles. Toutefois, malgré les deux suicides récents, rien de spécifique n'est enseigné par rapport aux mariages forcés.

Le directeur adjoint de la DPJ, Gérald Savoie, affirme que son organisme n'intervient que dans les cas bien précis où « la notion du danger pour la sécurité ou le développement de l'enfant » entre en jeu.

Ce sont donc les CLSC et les divers centres communautaires qui traitent ces dossiers. Les acteurs du milieu se plaignent toutefois d'un sous-financement pour pouvoir aider adéquatement les parents à mieux comprendre la culture et les lois québécoises et pour venir en aide aux filles désespérées prises dans l'engrenage.