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Boisclair critique ses adversaires

Radio-Canada

Le chef péquiste affirme que le cas de la joueuse ontarienne forcée de retirer son hijab dans un match de soccer à Laval est une affaire privée, et demande à ses adversaires de clarifier leur politique sur les véritables cas d'accommodement culturel.

Le chef libéral Jean Charest a continué mardi d'appuyer la décision d'un arbitre de Laval, qui a banni une jeune fille d'un terrain de soccer, samedi, parce qu'elle refusait d'enlever son foulard islamique.

Il a affirmé que les fédérations sportives étaient responsables de l'application de leurs règlements. Ni l'Association canadienne de soccer, ni la Fédération internationale de football n'interdisent le port de tout type de chapeau sur le terrain.

Elles interdisent toutefois le port d'un équipement pouvant être dangereux pour le joueur ou d'autres joueurs, raison invoquée par l'arbitre pour expulser la jeune fille ontarienne du terrain.

En entrevue à la radio CKRS, au Saguenay mardi, le chef du Parti québécois, André Boisclair, a rappelé qu'il ne s'agissait pas d'un cas d'accommodement raisonnable. Il a ajouté que la jeune fille disposait de recours juridiques, donc que M. Charest avait un devoir de réserve et ne devait pas s'exprimer sur une telle affaire privée.

Selon M. Boisclair, la vraie question est de savoir ce que ses adversaires proposent dans les dossiers d'accommodements, de nature religieuse ou autre, dans les services publics. « [Jean Charest] fait un show à côté complètement pour excuser son propre silence dans le dossier qui le concerne, qui est celui des services publics », a déclaré le chef du PQ.

À propos du chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, André Boisclair lui a reproché d'avoir mis la question des accommodements au coeur de sa campagne. Il lui demande de dire quels amendements il veut apporter à la Charte québécoise des droits et libertés pour régler cette question et pour élaborer la constitution du Québec qu'il promet.

M. Dumont a affirmé lundi que le cas de la jeune Asmahan Mansour était un cas de sécurité dans les sports. « Les gens qui sont des entraîneurs sportifs sont habitués de faire respecter les règles qui assurent la sécurité des jeunes qui pratiquent les sports », a-t-il dit.

André Boisclair promet qu'un éventuel gouvernement du Parti québécois donnera des « directives claires » à l'administration publique pour identifier les choses non négociables, comme l'égalité entre les hommes et les femmes. Il a fait un parallèle avec l'accommodement des étudiants handicapés, par exemple.

Plus tard, lors d'un point de presse, M. Boisclair a demandé à « ceux qui veulent embarquer sur ce terrain-là qu'ils nous disent s'ils veulent utiliser les pouvoirs du gouvernement et de l'Assemblée nationale pour légiférer la tenue vestimentaire des gens qui font du sport. Est-ce que l'État, par exemple, va légiférer pour empêcher la prière des joueurs de baseball avant le match? Est-ce à l'État de dire ce qui est bien ou pas bien? Ce sont des choses de nature privée », a tranché le chef du Parti québécois.

Expulsion controversée

Asmahan Mansour, 11 ans, a été forcée de quitter le terrain lors d'un tournoi à Laval cette fin de semaine, après que l'arbitre de la rencontre eut jugé que son voile représentait un danger pour les autres joueuses. Une porte-parole du tournoi affirme que le hijab représentait un risque d'étranglement.

L'entraîneur de l'équipe des Hotspurs de Nepean a retiré son équipe du tournoi et quatre autres équipes de la région d'Ottawa ont emboîté le pas.

Les organisateurs du tournoi mentionnent que cet incident n'est pas lié à du racisme. Ils précisent que l'arbitre qui a expulsé la jeune joueuse est lui-même musulman.

La mère de la jeune Asmahan Mansour croit qu'il s'agit d'un incident raciste et réfléchit aux suites à donner à l'événement.

Des libéraux musulmans déplorent la position de Charest

Des militants libéraux de confession musulmane ont plutôt mal accueilli la position de Jean Charest.

Lors d'une assemblée électorale libérale à Laval, Maher Bissani a indiqué qu'il aurait « aimé que M. Charest soit un peu plus ouvert » sur la question. Selon lui, le chef libéral devrait faire preuve de plus d'ouverture face à l'intégration.

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