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Congorama grand gagnant

Radio-Canada

Le film Congorama du gatinois Philippe Falardeau décroche 5 Jutra parmi les catégories les plus prestigieuses.

Le film Congorama, production québéco-belge signée Philippe Falardeau,de Gatineau, a raflé les plus gros prix, soit celui du meilleur film, du meilleur scénario ainsi que celui de la meilleure réalisation, mais aussi celui du meilleur acteur, lors de la 9e Soirée des Jutras, les Oscars du cinéma québécois.

L'analyse de Michel Coulombe

Les observateurs s'étant montrés d'accord pour trouver la course peu palpitante, le succès de cette 9e soirée des Jutras n'était pas assuré. En effet, la dernière année a été marquée par une baisse sensible de la part de marché du cinéma québécois en salles. Un seul film a suscité l'enthousiasme du grand public, Bon cop, bad cop.

Et seul Congorama, lancé à Cannes, s'est véritablement frayé un chemin dans la jungle des festivals au pays et à l'étranger. Au final, on a eu droit à un gala sans bavure ni éclat.

Congorama a donc reçu les Jutras du meilleur film, auquel s'ajoutent ceux de la réalisation et du scénario. Un Jutra a été attribué, pour la première fois, à un duo d'acteurs, Paul Ahmarani et Olivier Gourmet, les deux principaux interprètes du film de Philippe Falardeau. De plus, Gabriel Arcand a reçu le deuxième Jutra de sa carrière, pour son interprétation d'un curé.

Ouf!

Fanny Mallette a sauvé la mise pour Cheech en remportant le prix de la meilleure actrice de soutien, dans le rôle d'une escorte suicidaire. Céline Bonnier a pour sa part remporté le Jutra de la meilleure actrice pour son rôle de femme tout juste sortie de prison dans Délivrez-moi.

Bon cop, bad cop a dû se contenter du Jutra du montage et du Billet d'or qui consacre son indéniable popularité. Il y a quelques jours, le film est sorti gagnant de la soirée des Génies.

Un dimanche à Kigali a récolté cinq prix dans les catégories techniques, pour le son, les costumes, les maquillages, la direction artistique et la direction de la photographie. Il s'agissait d'une deuxième victoire d'affilée pour Pierre Mignot, récompensé l'an dernier pour la photographie de C.R.A.Z.Y. Jorane, qui a signé la musique du film de Robert Favreau, a également vu son travail couronné d'un prix.

Du court et de l'animé

Le prix du meilleur film d'animation a échappé à l'ONF pourtant représenté trois fois plutôt qu'une dans cette catégorie. Le Jutra est allé à McLaren's negatives de Marie-Josée Saint-Pierre, un hommage ingénieux à Norman McLaren, maître incontesté de l'animation. Le Jutra du meilleur documentaire est allé à l'un des meilleurs documentaristes au Québec, Serge Giguère. Son film À force de rêves offre le portrait de quelques allumés du troisième âge.

Les Jutras, qui ont souvent raté les hommages qu'ils rendaient à des figures marquantes du cinéma québécois, ont, cette fois, réussi celui à Pierre Curzi. Ce dernier, émouvant, emporté, lyrique, a non seulement remercié tous les siens, femme et enfants en tête, mais il a aussi donné un avant-goût de l'homme politique qu'il espère devenir à l'issue de la prochaine élection.

Et puis...

Après avoir tout raflé l'an dernier, C. R.A.Z.Y a fait un retour remarqué au gala en recevant, de nouveau, le Jutra du film s'étant le plus illustré à l'étranger. Le film a été présenté dans une cinquantaine de festivals.

Normand Brathwaite a, selon son habitude, revu et corrigé les films récents à sa façon. On se souviendra tout particulièrement de la présence surprenante de Marc Labrèche en sosie de Jeanne Moreau. La musique était aussi très présente au cours de cette soirée où on a notamment entendu Térez Montcalm et Rémy Girard.

« J'ai toujours été conscient que je n'étais qu'un rouage, mais j'ai toujours pensé qu'il fallait être fier d'être ce rouage. »

Pierre Curzi






Du côté de la chose politique

La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Line Beauchamp, a évoqué sur scène la crise du financement qui menace la production québécoise et le récent octroi de fonds par son gouvernement (voir notre article du 6 février 2007).

À ceux qui pourraient y voir une mesure liée au déclenchement éventuel de la campagne électorale, la ministre a déclaré: « Il n'y aura pas d'élection en 2008, 2009, 2010, il n'y aura sûrement pas d'élections, mais l'argent sera là pour la production. »


Plusieurs appels ont été lancés au cours de la soirée au gouvernement fédéral, afin que celui-ci fasse un geste dans ce dossier.

Voyez le dossier de la zone télévision

Texte de Florence Meney, analyse de Michel Coulombe