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Dumont comparé à Le Pen

Radio-Canada

Le nouveau candidat vedette des libéraux Pierre Arcand reconnaît que d'avoir comparé le chef de l'ADQ à celui de l'extrême droite française est une analogie « très forte ». Mario Dumont réclame des excuses formelles.

Le nouveau candidat libéral dans la circonscription de Mont-Royal, Pierre Arcand, reconnaît avoir tenu des propos excessifs sur Mario Dumont, plus tôt dans la journée, sur les ondes de la radio de Radio-Canada.

À l'émission Christiane Charrette, le patron démissionnaire de Corus Québec Radio a comparé le chef de l'Action démocratique du Québec au leader de l'extrême droite française pour ses interventions sur les accommodements raisonnables.

« Dans le cas de Mario Dumont, ce que je n'aime pas, c'est qu'en 1995, il était indépendantiste, puis en l'an 2000, il était comme Mike Harris. Là, il devient le Jean-Marie Le Pen du Québec. Il a fait une attaque directe contre les communautés culturelles », a lancé l'homme d'affaires, appelé à s'exprimer sur les deux chefs des partis adverses.

Il jugeait par ailleurs qu'André Boisclair a le mérite de jouer franc jeu sur la question de l'indépendance et de ses convictions sociales-démocrates, tout en disant ne pas l'aimer plus que M. Dumont.

Par voie de communiqué, M.Arcand convient maintenant que l'analogie Dumont-Le Pen était très forte. « J'ai tenté simplement de souligner le fait que monsieur Dumont, en exploitant ce débat, divise les Québécois », a précisé M. Arcand.

Toutefois, les commentaires en ondes du candidat vedette ont vraiment déplu au chef de l'ADQ, qui somme M. Arcand de se rétracter publiquement. Mario Dumont accorde 24 heures à la recrue de Jean Charest pour s'amender, à défaut de quoi il pourrait entreprendre des procédures juridiques à son endroit.

« J'ai le devoir de demander à Jean Charest, le premier ministre du Québec, de se dissocier de ces propos maladroits d'un de ses candidats. Je demande au candidat une rétractation publique, générale et complète. Je peux vous dire que j'ai déjà parlé à nos avocats et c'est tolérance zéro sur une question aussi sensible, sur une question aussi grave [...] S'il n'y a pas rétractation d'ici 24 heures, nos avocats sont en attente de mes instructions et il n'y aura pas de passe-droit, il n'y aura pas de pardon. Cet homme-là doit payer pour la gaffe qu'il vient de faire », a prévenu M. Dumont.

Avant même l'intervention de M. Dumont, le gouvernement Charest avait déjà ressenti le besoin de tenter de rectifier le tir. Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, s'est porté au secours du candidat vedette en convenant que, si les analogies sont « toujours dangereuses », M. Dumont a par contre joué sur les inquiétudes des gens par sa façon d'alimenter le débat entourant les accommodements raisonnables.

Le leader péquiste André Boisclair s'est pour sa part limité à dire que libéraux et adéquistes pouvaient se lancer des injures à qui mieux mieux si c'était là le genre de campagne qu'ils entendent mener. Il entend quant à lui s'en tenir aux questions de fond.