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10,5 millions et des excuses

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Outre des dédommagements, Stephen Harper présente les excuses officielles du gouvernement fédéral à Maher Arar, torturé en Syrie après avoir été expulsé des États-Unis sur la base d'informations erronées fournies par la GRC.

Le premier ministre Stephen Harper a présenté à Maher Arar et à sa famille, vendredi, les excuses officielles du gouvernement fédéral pour le rôle joué par le Canada dans la décision des États-Unis de le déporter en Syrie, où il a été détenu puis torturé.

Stephen Harper a également fait part d'une indemnisation de 10,5 millions de dollars au profit de M. Arar, en plus de la prise en charge des frais judiciaires. Le premier ministre dit ne pas trouver cette somme élevée, car, explique-t-il, après évaluation, il a été conclu que le gouvernement aurait payé le même montant si M. Arar réclamait des indemnisations devant les tribunaux. Le principal intéressé réclamait un dédommagement de 37 millions de dollars.

Le premier ministre a reconnu la responsabilité du Canada dans la tourmente vécue par M. Arar. Il prend toutefois le soin de rappeler que l'affaire est survenue sous le règne des libéraux et que son gouvernement a tout fait pour réparer cette injustice.

« Nous ne pouvons pas revenir en arrière, mais nous avons décidé d'apporter des changements politiques en approuvant 23 recommandations du juge O'Connor », qui a blanchi Maher Arar de tout soupçon. Le juge a également adressé un certain nombre de reproches à l'endroit de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), dont le patron, Giuliano Zaccardelli, a d'ailleurs dû démissionner dans la foulée de l'enquête.

S'exprimant sur l'entêtement des États-Unis à maintenir le nom de Maher Arar sur leur liste noire, le premier ministre a dit soutenir son ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, dans ses tentatives de convaincre les Américains de rayer le nom de M. Arar de la liste des indésirables.

Le ministre Day n'a pas eu gain de cause et a même été rabroué récemment par l'ambassadeur américain au Canada, celui-ci qualifiant le ministre de « présomptueux ». L'administration américaine soutient posséder des informations qui l'incitent à laisser M. Arar cette liste et assimile l'insistance canadienne à une espèce d'ingérence.

Stephen Harper dit comprendre la réponse des États-Unis et leurs préoccupations sécuritaires, mais souligne que le Canada a le droit de défendre ses citoyens. « Nous avons le droit d'être en désaccord avec les Américains, quand cela est nécessaire.[...] Nous croyons que M. Arar ne doit pas être sur la liste (de surveillance ) », a déclaré le premier ministre.

Arar soulagé

Lors d'un point de presse suivant l'annonce du premier ministre, Maher Arar a remercié le gouvernement pour son geste. Même s'il se réjouit des excuses formulées et des indemnisations accordées, il a dit que « le combat a été long et difficile » pour lui et sa famille et que les souffrances n'ont pas pris fin à son retour au Canada.

« Mes enfants ont souffert en silence », témoigne M. Arar qui veut maintenant se consacrer à son rôle de père et de mari, et reconstruire sa vie.

Il a tenu aussi à remercier tous les Canadiens pour le soutien à sa cause et s'est dit « fier d'être Canadien ». Il promet de contribuer à sa manière à la société, grâce aux indemnisations qui lui ont été octroyées, mais ne précise pas ce qu'il entend faire avec cette importante somme d'argent. « Moi et ma femme n'y avons pas encore pensé », a-t-il dit.

On apprend, à ce sujet, que les négociations avec le gouvernement pour fixer le montant des dédommagements ont été ardues, à un point tel que M. Arar avoue avoir perdu espoir.

Par ailleurs, M. Arar espère que les recommandations du juge O'Connor seront mises en oeuvre pour éviter d'autres abus.

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