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Passeport obligatoire

Depuis minuit, les Canadiens sont obligés de présenter un passeport pour aller en avion aux États-Unis. Les points de service de Passeport Canada sont débordés.

Les États-Unis exigent maintenant un passeport pour tous les passagers qui arrivent en avion du Canada, du Mexique, des Bahamas et des Antilles.

En vertu de cette nouvelle politique, appelée l'Initiative relative aux voyages dans l'hémisphère occidental (IVHO), même les citoyens américains qui retourneront chez eux en avion devront avoir leur passeport.

Et à partir du 1er juin 2009, tous les voyageurs entrant aux États-Unis, que ce soit par voie aérienne, maritime ou terrestre, devront présenter un passeport valide aux douanes.

Une avalanche de demandes

Ces nouvelles mesures ont entraîné une explosion des demandes de passeport au Canada. Passeport Canada a reçu pas moins de 350 000 demandes par mois cet automne, une augmentation de 33 %.

Le bureau fédéral a dû demander à des employés de faire des heures supplémentaires, embaucher du nouveau personnel, et même rappeler des retraités au travail, a expliqué un porte-parole, Fabien Langellé, à Radio-Canada. « Nous avons demandé à nos centres de production de travailler sept jours par semaine, 24 heures par jour », a-t-il ajouté.

Selon une étude du Conference Board du Canada, les revenus touristiques du Canada pourraient chuter de 3 milliards de dollars d'ici trois ans, surtout en Ontario, en Colombie-Britannique, au Québec et dans les provinces de l'Atlantique.

L'exigence d'un passeport pourrait en effet rebuter les 72 % d'Américains qui n'en ont toujours pas. Au Canada, en décembre, 40 % des Canadiens avaient un passeport valide.

Chaque année, 92 millions de voyageurs franchissent la frontière entre le Canada et les États-Unis, dont 70 millions par voie terrestre, selon des statistiques du gouvernement canadien.



Des mesures onéreuses pour les exportateurs québécois

Depuis les événements tragiques du 11 septembre 2001, les coûts liés aux contrôles de sécurité à la frontière américaine sont une préoccupation de premier plan pour les exportateurs québécois.

« Nous estimons les impacts économiques [annuels] - principalement liés au coût d'attente aux frontières - à l'équivalent d'une réduction des salaires de 43 millions et d'une réduction de la valeur ajoutée de 32 millions. De telles pertes pourraient équivaloir à la disparition de plus de 1000 emplois au Québec », affirme Pierre Martin, directeur de la Chaire d'études politiques et économiques américaines et professeur au département de science politique de l'Université de Montréal.

Les petits exportateurs peuvent toujours se conformer au programme C-TPAT, une certification délivrée par les autorités américaines qui assure un passage rapide de leurs produits aux frontières. Toutefois, cette certification coûte annuellement, en moyenne, 50 000 $ par établissement, estime M. Martin.