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Racisme, xénophobie, méfiance?

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un sondage indique que de nombreux Québécois de souche admettent avoir une mauvaise opinion des membres d'autres communautés culturelles. Le premier ministre Jean Charest refuse d'y voir une manifestation de racisme.

Selon un sondage Léger Marketing publié dans le Journal de Montréal, 16 % des Québécois de souche disent être fortement ou moyennement racistes.

Quarante-trois pour cent admettent être faiblement racistes, ou à tout le moins avoir une certaine méfiance à l'égard de gens d'autres origines.

Un Québécois sur deux a une mauvaise opinion des Arabes. Parmi les autres groupes qui ont mauvaise réputation, viennent en ordre les Juifs (pour plus du tiers des répondants), les Noirs (plus du quart des répondants), les Latino-Américains, les Asiatiques et les Italiens.

La plupart des analystes, personnalités publiques et citoyens appelés à commenter les résultats citent le terrorisme, le phénomène des gangs de rue et les récents débats sur la laïcité et l'accommodement raisonnable comme les principaux facteurs influençant ces réponses.

Par ailleurs, l'ouverture manifestée envers une personne d'une autre communauté semble varier en fonction du degré d'intimité avec cette personne. Ainsi:

  • 92 % des répondants accepteraient d'être amis avec une personne d'une autre origine;
  • 56 % accepteraient une cohabitation;
  • 45 % épouseraient quelqu'un d'une autre origine.

Fait intéressant, une majorité de répondants (63 %) seraient prêts à voter pour un premier ministre du Québec d'une autre origine.

Le premier ministre Jean Charest affirme qu'il est faux de dire que les Québécois sont racistes. Selon M. Charest, le racisme est un problème beaucoup plus grave, qui dépasse un simple questionnement sur l'autre.

Le sondage au Québec a été réalisé auprès de 1000 personnes entre le 22 décembre et le 3 janvier. La marge d'erreur est de 3,1 %.

Et si on inverse les rôles...

Un autre sondage montre que 12 % des membres des communautés culturelles disent être fortement ou moyennement racistes, tandis que 38 % disent l'être faiblement.

Mais c'est surtout la conséquence de tensions entre les communautés, par exemple entre des Arabes et des Juifs, ou encore entre des Asiatiques et des Noirs, selon les intervenants interrogés par le Journal de Montréal. On apprend que 86 % des répondants membres d'une communauté culturelle ont une bonne opinion des francophones de souche, un chiffre qui atteint 85 % pour les anglophones de souche.

Au sein de la communauté juive, 19 % des répondants affirment avoir une mauvaise opinion des francophones, un pourcentage identique dans la communauté asiatique.

Le sondage a été réalisé auprès de 1228 personnes entre le 21 décembre et le 8 janvier. La marge d'erreur est de 2,8 %.

Des médias négatifs

Par ailleurs, une étude de la firme Influence Communications, publiée vendredi, montrait que les divers médias canadiens ont adopté une approche plus négative dans leur couverture de la réalité multiculturelle au Canada. Les nouvelles liées aux diverses communautés ethniques ont été présentées en lien avec des faits controversés ou conflictuels dans 72 % des cas en 2006, par rapport à 66 % en 2005.

C'est au Québec que la hausse est la plus grande. Avec 77 % de nouvelles alliant controverse et communauté ethnique, la couverture médiatique de la province est la plus fortement orientée au pays. Elle est passée du neuvième rang au premier rang en une seule année. L'Île-du-Prince-Édouard enregistre le plus bas taux, avec 61 %.

Le président d'Influence, Jean-François Dumas, explique qu'un changement est notable dans le choix des dossiers couverts et dans les angles des reportages.

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