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Une sentence indécente pour l'abbé Pichette?

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président de l'AFPAD, Pierre-Hugues Boisvenu, juge la peine de 21 mois de prison imposée à Daniel Pichette trop clémente. Cet avis n'est pas partagé par tous.

L'Association des famillles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) dénonce la sentence de 21 mois imposée mercredi à l'abbé Daniel Pichette.

L'homme de 80 ans avait plaidé coupable en novembre à huit chefs d'accusation d'attentat à la pudeur commises sur des mineurs de Sherbrooke entre 1952 et 1975.

Le président de l'AFPAD, Pierre-Hugues Boisvenu dénonce cette sentence qu'il juge trop clémente et même indécente. Cette peine, dit-il, envoie deux mauvais messages à la population.

« Un au criminel de poursuivre dans leurs habitudes parce qu'ils ne seront pas sentencés trop sévèrement et un autre victime qui dit: "si vous dénoncez, vous voyez, justice ne sera pas rendue », dit-il.

Le professeur Simon Roy de la Faculté de droit de l'Université de Sherbrooke ne partage toutefois pas cette opinion. « C'est peu si on regarde la peine dans une optique de vengeance, de punition ou de châtiment. Mais le but du droit pénal doit dépasser le simple fait de vouloir réparer le préjudice causé à la victime et s'attarder à des notions plus sociales », affirme-t-il.

Un des éléments centraux, soutient M. Roy, consiste à déterminer ce que le coupable mérite. « Le fait d'être affublé du titre d'agresseur sexuel, c'est un poids qui est très lourd à porter. Et dans le cas d'un homme de 80 ans, je pense qu'elle est là la principale peine », croit le professeur de droit.

Selon M. Roy, les victimes pourraient possiblement intenter un recours au civil contre le clergé pour obtenir un dédommagement. Bien que le délai de prescription normal soit dépassé, les plaignants pourraient plaider qu'ils se trouvaient dans l'impossibilité d'agir en raison du traumatisme subi.

Le diocèse nie toute responsabilité dans cette affaire. Selon l'abbé André Castonguay, on ne peut lui demander réparation. Le Collège des médecins du Québec, dit-il, ne donne pas de compensations financières aux clients agressés par certains de ses membres.

Cette défense ne tiendrait toutefois pas, selon Simon Roy, puisque le Collège des médecins est un ordre professionnel qui encadre ses membres, tandis que le diocèse a une responsabilité directe puisqu'il embauche son personnel.

Reste à savoir si les victimes veulent se lancer dans une telle aventure. Un procès au civil serait long et fastidieux, sans compter que les victimes devraient revivre une fois de plus cet épisode douloureux de leur vie.

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