•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mea culpa et renforts

Présentant sa nouvelle stratégie pour sortir du bourbier irakien, le président américain George W. Bush dit assumer la responsabilité des erreurs. Il enverra aussi plus de 20 000 militaires supplémentaires, surtout pour sécuriser Bagdad.

Malgré la pression de plus en plus forte aux États-Unis pour réduire le contingent américain en Irak, le président George W. Bush s'engage sur la voie inverse.

Dans un discours à la nation prononcé mercredi soir afin de présenter sa nouvelle stratégie pour sortir du bourbier irakien, M. Bush a en effet annoncé l'envoi de plus de 20 000 militaires supplémentaires. La majeure partie de ces soldats, soit cinq brigades, seront déployés à Bagdad.

Dans son discours, le président a reconnu qu'il s'agissait d'une erreur de ne pas avoir envoyé suffisamment de troupes pour sécuriser la capitale irakienne, théâtre de sanglants attentats. Il a d'ailleurs dit assumer la responsabilité « des erreurs » commises en Irak.

Quelque 4000 Marines supplémentaires seront quant à eux déployés dans la province irakienne d'Anbar, la plus violente à l'extérieur de la capitale.

L'envoi de ces soldats s'accompagnera d'un plan de développement économique et « la secrétaire d'État Condoleezza Rice va bientôt nommer un coordonnateur à Bagdad pour faire en sorte que l'aide économique dépensée en Irak donne de meilleurs résultats ». Mme Rice entamera une tournée diplomatique dans la région dès vendredi.

George W. Bush demandera environ 1 milliard de dollars pour remettre sur pied l'économie, les infrastructures, la société civile et le système judiciaire irakiens, dévastés par la guerre. Le coût total du nouveau plan s'établirait à 6,8 milliards de dollars.

Le gouvernement irakien devra quant à lui injecter 10 milliards de dollars dans la reconstruction du pays.

Pressions sur Bagdad

Dans son discours, M. Bush a aussi pris soin de préciser que le gouvernement irakien doit réaliser ses engagements de mettre fin aux violences s'il ne veut pas voir le peuple américain l'abandonner. Il a d'ailleurs indiqué que Bagdad prévoyait prendre en charge la sécurité dans toutes les provinces d'Irak d'ici le mois de novembre.

Répondant à ses critiques, le président américain a justifié l'envoi de troupes supplémentaires en soutenant qu'un désengagement américain en Irak ferait s'effondrer le gouvernement irakien. Cela déchirerait également ce pays et déclencherait un « massacre d'une dimension inimaginable. » Selon lui, l'envoi de soldats additionnels maintenant permettra de rapatrier le contingent américain plus rapidement.

Le président a aussi indiqué que les États-Unis allaient déployer des missiles anti-missiles Patriot dans la région du Proche-Orient et du Moyen-Orient pour « rassurer les amis et alliés » de Washington et renforcer la sécurité en Irak.

Il a aussi annoncé qu'il comptait travailler avec les gouvernements de Turquie et d'Irak pour les aider à « résoudre des problèmes le long de leur frontière. » Il entend aussi collaborer avec les pays de la région pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire et de dominer le Moyen-Orient.

Le président a cependant tenu à avertir la population américaine que, même si la nouvelle stratégie fonctionnait comme prévu, il y aura encore des violences et des pertes américaines en Irak.

Il s'agit du huitième plan de George W. Bush depuis l'invasion de l'Irak en mars 2003. Plus de 3000 soldats américains sont morts en Irak depuis le début de la guerre.

Plan critiqué

Les démocrates ont immédiatement réagi à la nouvelle stratégie de la Maison-Blanche. Le sénateur de l'Illinois et numéro deux de la majorité au Sénat, Dick Durbin, a indiqué que l'envoi de troupes supplémentaires et l'escalade de la guerre en Irak n'étaient pas ce pour quoi les Américains avaient voté.

Selon lui, c'était plutôt l'occasion de redéployer plus efficacement les troupes pour qu'elles puissent commencer à rentrer au pays. À l'instar de M. Bush, il a cependant aussi appelé le gouvernement irakien à prendre plus de responsabilités pour assurer la sécurité dans le pays.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, s'est engagée à organiser un vote sur une augmentation des effectifs militaires. La grande majorité des démocrates devrait s'opposer à cette hausse, tout comme certains républicains sceptiques.

Les démocrates au Sénat projettent pour leur part un vote, la semaine prochaine, sur un texte non contraignant qui exhorterait le président à ne pas envoyer de soldats supplémentaires en Irak. Le sénateur démocrate Ted Kennedy veut quant à lui déposer un projet de loi pour forcer le président à obtenir l'autorisation du Congrès avant d'envoyer des troupes supplémentaires en Irak ou d'accorder de nouveaux milliards à la mission.

Selon le sénateur du Massachusetts, le peuple américain a envoyé un message très clair aux élections de mi-mandat en redonnant une majorité aux démocrates dans les deux chambres du Congrès. « Nous devons changer de stratégie en Irak et envoyer moins de troupes, et non provoquer une escalade », a-t-il estimé dans un discours.

Un sondage publié mardi révélait que près des deux tiers des Américains ne veulent pas d'envoi de soldats supplémentaires en Irak.

Aucun thème sélectionné