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Peu de remous

Radio-Canada

Un système mis en place en décembre, qui permet aux États-Unis de collecter une foule de renseignements personnels sur les voyageurs qui entrent sur leur territoire, soulève pour l'instant très peu d'opposition au Canada.

En vertu d'un nouveau système mis en place le 4 décembre dernier, les services de sécurité des États-Unis peuvent collecter et conserver des données informatisées extrêmement précises sur les gens qui foulent leur sol.

L'Automated Targeting System (système de ciblage automatisé) est un nouvel outil informatique qui permet à Washington de donner automatiquement une cote de sécurité à tout voyageur qui entre aux États-Unis. Le tout est fait sans que la personne ait le droit d'en connaître la nature, ni d'en contester la pertinence.

Les données, qui proviennent de toutes sortes de sources, dont les agences de voyages et les transporteurs aériens, pourront être stockées pendant 40 ans. Elles comprennent notamment l'accès à l'adresse, au numéro de téléphone, au compte de carte de crédit, au courrier électronique, voire à d'éventuelles préférences alimentaires en fonction de convictions religieuses.

Ces informations pourront être communiquées à toute entité publique des États-Unis, locale ou nationale, aux services de renseignement étrangers et même à des organisations et des individus privés, comme des employeurs.

Cette mesure a été mise en place au nom de la lutte contre le terrorisme. Jusqu'à présent, elle n'a fait que très peu de vagues au Canada. En effet, seule l'Association canadienne des agences de voyages a jugé bon de se plaindre auprès de l'administration américaine, à la mi-décembre, de cette intrusion massive dans la vie privée des voyageurs.

De l'autre côté de l'Atlantique, l'Union européenne vient d'accepter de suivre l'exemple du Canada et de se plier aux nouvelles exigences de sécurité américaines. Cette décision a soulevé un tollé dans les milieux de défense des libertés civiles, particulièrement en Grande-Bretagne.

Enfin, à Washington, la toute nouvelle majorité démocrate au Sénat américain estime que ce système de surveillance s'est développé sans aucune autorisation légale. L'administration Bush devra s'en expliquer sous peu auprès du comité de la justice.