•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

2007, la plus chaude?

Radio-Canada

Le temps particulièrement doux que connaît encore le Canada, en janvier, pourrait donner le ton à l'année. Déjà, on prévoit que 2007 pourrait battre le record de température planétaire moyenne.

Cette année encore, l'hiver arrive timidement au Canada. Le temps doux qui frappe tout le pays en janvier fait le bonheur de certains, mais en inquiète d'autres pour qui les revenus ou les loisirs dépendent du temps froid.

« Il fait très chaud partout au Canada, en ce début d'hiver », confirme la climatologue Lucie Vincent, d'Environnement Canada. Elle souligne d'ailleurs que les températures de décembre 2006 étaient également plus chaudes que la normale, avec notamment des températures de 5 degrés Celsius au-dessus de la normale dans le sud du Québec et en Ontario.

Cela dit, ce début d'année clément n'est pas une première pour les Canadiens, qui avaient goûté, début 2006, à l'hiver le plus chaud enregistré depuis que le pays tient des registres météorologiques - soit depuis 1948.

En fait, non seulement cet hiver avait-il été le plus chaud, mais il avait été suivi du printemps le plus chaud de l'histoire, puis du deuxième été le plus torride. L'automne, 13e au palmarès des automnes les plus chauds, avait évité à 2006 de ravir le titre d'année la plus chaude de l'histoire canadienne à 1998.

Il est à noter que 2006 était la 10e année consécutive à présenter des températures supérieures à la moyenne, au pays. De décembre 2005 à novembre 2006, les températures ont été en moyenne de 2,3 degrés Celsius plus élevées que la normale.

2007, plus chaude encore?

Devant cette tendance, que peut-on attendre de l'année qui commence? « Les prévisions météorologiques, pour janvier, février et mars, sont des températures au-dessus de la normale pour l'ensemble du Canada », répond Mme Vincent.

La climatologue signale d'ailleurs que les services météorologiques britanniques « annoncent que 2007 sera très très chaude, une des années les plus chaudes depuis environ 100 ans ».

Jeudi, en effet, le « Met Office » britannique, reconnu pour la grande précision de ses prévisions, estimait que la température planétaire pourrait vraisemblablement atteindre un nouveau sommet de chaleur cette année.

Ses météorologues prévoient que la température moyenne, à l'échelle mondiale, pourrait se situer à 14,54 degrés Celsius, c'est-à-dire au-dessus de la moyenne à long terme, qui est de 14 degrés Celsius exactement.

L'organisme indique qu'il y a 60 % de probabilité que cette année soit « aussi chaude ou plus chaude » que 1998, l'année la plus chaude jusqu'ici avec une température moyenne de 14,52 degrés Celsius. Il avance encore qu'il y a 95 % de chances que la température se situe entre 0,38 et 0,70 degré au-dessus de la normale.

La faute à El Nino... entre autres

La chaleur appréhendée de 2007 s'explique en partie, selon la climatologue Lucie Vincent comme pour ses homologues britanniques, par le phénomène météorologique El Nino, déjà installé depuis la fin de 2006 dans l'océan Pacifique.

Ce phénomène cyclique, qui devrait persister au cours des prochains mois, est lié au réchauffement des eaux de l'océan Pacifique et perturbe le climat planétaire. Il devrait apporter des températures hivernales plus chaudes sur l'ouest du Canada, voire sur tout le pays, selon Mme Vincent.

Pour ce qui est d'autres causes possibles de cette tendance au réchauffement, la climatologue d'Environnement Canada se montre prudente. « C'est difficile d'attribuer le réchauffement qu'on connaît » à certains facteurs en particulier, confie-t-elle.

Elle souligne, cependant, que « les scientifiques pensent que de plus en plus d'évidences » permettent de lier la tendance au réchauffement climatique, constatée depuis 50 ans, à l'activité humaine. « Oui, il y a sûrement des causes humaines au réchauffement de la planète. »