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La dépouille remise aux siens

Radio-Canada

La famille de l'ancien dictateur irakien, exécuté par pendaison à Bagdad avant l'aube, annonce qu'il sera enterré dans le bastion sunnite de Ramadi plutôt que dans son village natal d'Ouja, près de Tikrit, où reposent pourtant ses deux fils.

L'ancien dictateur irakien Saddam Hussein a été exécuté par pendaison, samedi à l'aube, à Bagdad.

C'est ce qu'a annoncé la chaîne de télévision publique Al-Iraqyia, peu après 6 h, heure locale. Un bandeau au bas de l'écran affirmait qu'« avec la mort de Saddam Hussein, c'est une page noire de l'histoire de l'Irak qui est tournée ».

Sur les images diffusées par la télévision irakienne, on voit des gardiens cagoulés qui placent un tissu noir autour du cou de l'ancien dictateur, avant d'installer la corde.

Saddam Hussein a refusé de porter une cagoule pour son exécution. Vêtu d'un manteau noir, il semblait calme, même s'il avait le visage blême.

« J'espère que vous resterez unis et je vous mets en garde: ne faites pas confiance à la coalition iranienne, ces gens sont dangereux », a déclaré l'ancien dictateur avant de mourir.

Selon le conseiller à la sécurité nationale Moaffaq Al-Roubaï, Hussein a aussi demandé qu'un Coran soit remis à un homme appelé « Bander ».

La télévision a aussi diffusé des images du corps de Saddam Hussein après sa mort. Sur ces images, qui semblent avoir été prises avec un téléphone cellulaire, on voit que le cadavre a été recouvert d'un linceul.

Pour les autorités irakiennes et américaines, il importait que la pendaison de Saddam Hussein ait lieu avant le début des célébrations religieuses de l'Aïd Al-Adha, la fête du sacrifice qui débute samedi pour les sunnites et dimanche pour les chiites.

Selon l'un des avocats de Saddam Hussein, cité par l'Agence France Presse, les filles de l'ex-dirigeant irakien, réunies avec leurs enfants en Jordanie en attendant les nouvelles, ont réagi avec courage à l'annonce de sa mort, malgré leur douleur.

Un enterrement dès dimanche

La dépouille de Saddam Hussein a été acheminée samedi dans sa région natale de Tikrit à bord d'un avion américain, après avoir été remise à une délégation spécialement mandatée.

Cette délégation comprenait notamment le gouverneur de la province de Salahuddin, Hamad Hamoud Shagtti, et le cheikh Ali Al-Nidawi, le chef du clan Albu-Nassir auquel appartient Saddam Hussein.

Saddam Hussein devrait être enterré dès dimanche. Sa famille a fait savoir samedi qu'elle avait décidé de l'inhumer à Ramadi, bastion de l'insurrection sunnite situé à 110 km à l'ouest de Bagdad, plutôt que dans le cimetière familial d'Ouja, près de Tikrit. Les fils de Saddam Hussein, Oudaï et Koussaï, tués par les forces américaines en 2003, reposent pourtant dans ce cimetière familial.

Cette décision a été prise pour « des raisons familiales privées et [en raison de] la situation qui prévaut en matière de sécurité », dit le communiqué de la famille reçu par l'agence Reuters. La chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya a publié la même information, mais sans citer de source.

Al-Tikriti et Al-Bandar attendent leur mort

La télévision publique irakienne a d'abord rapporté que le demi-frère de Saddam Hussein, Barzan Al-Tikriti, et l'ancien président du tribunal révolutionnaire, Awad Al-Bandar, avaient aussi été exécutés peu après l'ancien président irakien. Ils ont été condamnés pour le même crime.

Mais le conseiller à la sécurité nationale Moaffaq Al-Roubaï a précisé que Al-Tikriti et Al-Bandar n'avaient pas été exécutés, et ne le seraient qu'après la fête de l'Aïd Al-Adha, au milieu de la semaine prochaine.

« L'exécution de Saddam a été 100 % irakienne, et la partie américaine n'a pas interféré », a ajouté M. Al-Roubaï.

Saddam Hussein avait été condamné à mort le 5 novembre dernier pour l'exécution de 148 villageois chiites dans les années 80, en représailles à un attentat manqué contre le convoi présidentiel en 1982. Sa condamnation à mort avait été confirmée le 26 décembre par la Cour d'appel du Haut Tribunal irakien.

Sa mort met fin à toutes les poursuites qui avaient été engagées contre lui, en particulier le procès Anfal, où il était jugé pour génocide contre la population kurde et accusé d'être responsable de la mort de 180 000 personnes entre 1987 et 1988.

Âgé de 69 ans, Saddam Hussein avait été arrêté en décembre 2003. Depuis, il était détenu dans un endroit tenu secret par les militaires américains à Bagdad.