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Les jours de Saddam Hussein sont comptés

Radio-Canada

La Cour d'appel du Haut Tribunal pénal confirme la décision de condamner l'ex-dictateur irakien à la pendaison pour le massacre de chiites dans les années 80. La sentence doit être exécutée d'ici 30 jours.

La Cour d'appel du Haut Tribunal pénal irakien confirme la décision de condamner à la pendaison l'ancien dictateur Saddam Hussein. La sentence devrait être exécutée d'ici les 30 prochains jours.

Son demi-frère Barzan al-Tikriti, ancien chef des services de renseignement, et l'ancien président du tribunal révolutionnaire Awad al-Bandar ont également vu leur appel rejeté. Ils seront eux aussi exécutés.

Le 5 novembre dernier, Saddam Hussein a reçu le prononcé de sa condamnation à mort dans le tumulte, interrompant constamment le juge qui lisait les chefs d'accusation pour lesquels il avait été reconnu coupable, notamment l'exécution de 148 villageois chiites dans les années 80.

Il reste maintenant au président d'origine kurde de l'Irak, Jalal Talabani, de donner l'ordre de procéder. Pour l'instant, il s'est opposé au châtiment, mais il pourrait tout de même donner le pouvoir de ratifier cette décision à un de ses deux vice-présidents. Selon lui, le tribunal devrait attendre la fin d'un autre procès où Saddam Hussein est accusé d'avoir causé la mort de plus de 180 000 Kurdes.

Les instances du Haut Tribunal pénal pensent toutefois que même le président ne pourra pas empêcher la pendaison de Saddam Hussein. Son porte-parole a dit vouloir faire « appliquer le verdict par la force de la loi ».

L'avocat de M. Hussein s'est dit peu surpris par la décision et a qualifié encore une fois le procès de « politique ». « Ce jugement figure dans les agendas américain et iranien visant à diviser l'Irak et à l'engager dans une guerre civile », a conclu maître Khalil Doulaïmi.

De son côté, Washington estime qu'il s'agit d'un jour important pour les Irakiens. « Cette journée fera date dans les efforts que mènent les Irakiens pour remplacer la loi d'un tyran par l'État de droit, a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche Scott Stanzel. Saddam a reçu un procès en bonne et due forme et a bénéficié des droits légaux qu'il a déniés aux Irakiens pendant si longtemps. »

L'organisation Human Rights Watch a appelé pour sa part le gouvernement irakien à ne pas exécuter Saddam Hussein, estimant que le procès de l'ancien président irakien pour crimes contre l'Humanité était entaché d'irrégularités.

« Imposer la peine de mort, indéfendable dans tous les cas, est d'autant plus une erreur après une procédure aussi inéquitable », a réagi Richard Dicker, directeur du programme Justice internationale de l'organisation de défense des droits de l'Homme basée à New York.

En novembre, Human Rights Watch avait publié un rapport fondé sur 10 mois d'observation et des douzaines d'interviews de juges, procureurs et avocats. Selon ses conclusions, le procès a été marqué par tant d'irrégularités que le verdict ne repose pas sur des bases solides et devrait être annulé.

Le procès de l'ancien dictateur a duré neuf mois et a exigé 39 sessions. Pendant cette période, trois avocats de la défense et un témoin ont été assassinés.