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Les Canadiennes en colère

Radio-Canada

Un groupe de Canadiennes comptent déposer une plainte pour discrimination contre le CIO, après que celui-ci eut décidé de refuser d'inclure cette discipline aux Jeux de 2010, à Vancouver.

La décision du Comité international olympique (CIO) de refuser l'entrée du saut à ski pour les femmes aux Jeux de Vancouver a provoqué la colère des athlètes canadiennes.

Un groupe d'entre elles a l'intention de déposer une plainte, expliquant que cette décision brime leurs droits.

Selon ce que rapporte mercredi le quotidien The Globe and Mail, la plainte vise le gouvernement du Canada qui a accordé des deniers publics à un événement qui fait preuve de discrimination basée sur le sexe, et qui nie le droit aux femmes à participer à cette compétition.

L'avocate Nina Reid, qui représente ce groupe d'athlètes, a expliqué que la plainte sera étudiée en janvier par la Commission canadienne des droits de la personne, qui a accepté d'entendre la cause.

« J'étais choquée et déçue par la décision du CIO, a expliqué Katie Willis, la meilleure Canadienne et 6e au classement mondial. C'est terrible de penser qu'au 21e siècle, les femmes sont encore traitées différemment des hommes », a précisé la jeune femme de 15 ans.

Au mois de mai, la Fédération internationale de ski (FIS) avait recommandé au CIO, lors d'un vote à 114 contre 1, d'accepter le saut à ski pour les femmes aux Jeux de 2010.

Un sport trop jeune

Le CIO a pourtant refusé, le 28 novembre, d'inclure cette nouvelle discipline dans le programme olympique de 2010. Il avait invoqué comme raisons que:

  • son développement est encore à un stade préliminaire;
  • cette discipline manque encore de reconnaissance à l'échelon international;
  • les critères techniques ne sont pas encore assez précis.

    Le comité de direction du CIO a toutefois précisé en conclusion de son rapport d'évaluation qu'il va suivre attentivement le développement de cette discipline afin de l'inclure à l'avenir dans le programme olympique.

    Le comité d'organisation des Jeux de Vancouver (VANOC) a donné son appui à l'entrée du saut à ski pour les femmes aux Jeux de 2010, mais doit respecter la décision du CIO.

    « Ce n'est pas de la discrimination basée sur le sexe, explique la porte-parole du VANOC Mary Fraser. C'est une question de niveau de compétition. Le CIO a des critères pour assurer ce niveau, et cette discipline ne les remplit pas. Ça ne veut pas dire que le CIO refusera toujours de l'inclure dans le programme olympique. »

    Encore de l'espoir

    Selon la Fédération canadienne de saut à ski, des athlètes de 14 pays participent à 20 compétitions internationales par année, organisées dans 8 pays.

    Et son président Brent Morrice rappelle qu'en skicross, qui a été inclus aux Jeux de 2010, « il y a deux fois moins de femmes en skicross qu'en saut à ski et elles participent à moins de la moitié des épreuves, et sur un seul continent ».

    Théoriquement, la décision d'inclure doit être prise au plus tard trois ans avant les jeux, donc dans ce cas-ci, avant février 2007.

    Cependant, l'article 6.1 de la charte olympique permet une dérogation à ce délai « par décision de l'organe compétent du CIO, avec l'accord de la fédération internationale régissant le sport et du comité organisateur de l'édition des jeux ».

    Avec l'appui de la FIS et du VANOC, les Canadiennes savent donc que leur cause n'est pas perdue d'avance.