•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

En catimini

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que l'industrie forestière est en pleine crise au Québec, le ministre des Ressources naturelles recommande discrètement d'expédier aux États-Unis ou en Ontario 600 000 mètres cubes de bois rond pour y être transformés.

L'été dernier au Québec, de grands vents ont cassé des milliers d'arbres dans les régions de la Mauricie, de l'Abitibi-Témiscamingue, des Laurentides et de l'Outaouais. En tout, les dégâts équivalent à quelque 3 millions de mètres cubes de bois.

Or, Radio-Canada a appris que le ministre des Ressources naturelles, Pierre Corbeil, recommande qu'une partie de ce bois, soit 600 000 mètres cubes, soit expédié aux États-Unis ou en Ontario pour y être transformé.

Le ministre estime que l'industrie québécoise ne pourra recueillir tout ce bois. Le décret, qui sera présenté au Conseil des ministres, a reçu l'appui du ministère du Développement économique.

Alors que l'industrie forestière québécoise est en crise, avec des fermetures de scieries et des milliers de pertes d'emplois, le gouvernement a choisi de ne pas ébruiter l'affaire. « Compte tenu du contexte actuel dans le secteur forestier [...] aucune communication publique n'est envisagée », peut-on lire dans un document du ministère des Ressources naturelles.

Projet critiqué

Le vice-président de la FTQ-SCEP, Clément l'Heureux, dit ne pas comprendre la décision de Québec. « Qu'on soit en train de regarder un projet pour exporter du bois rond, je ne crois pas ça », dit-il. Selon lui, 600 000 mètres cubes de bois rond pourraient faire vivre une bonne scierie pendant deux ans.

Luc Bouthilier, professeur de foresterie à l'Université Laval, réfute quant à lui l'analyse du ministre Corbeil, qui soutient que l'industrie ne pourrait transformer tout ce bois. « De façon générale, on parle d'un manque de bois par rapport à notre capacité de transformation », soutient-il.

Pour sa part, l'industrie confirme qu'elle n'ira pas chercher tout ce bois cassé, parce que cela lui coûterait trop cher, à moins que Québec n'offre des conditions particulières pour permettre la cueillette, comme une baisse des redevances.

Le ministre Corbeil a refusé d'accorder une entrevue à ce sujet. À son bureau, on affirme que le décret n'est pas encore passé et que qu'il s'agit d'un outil parmi d'autres. Pourtant, depuis le 15 novembre, le ministre Corbeil recommande l'expédition de bois rond hors du Québec.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.