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Fort prix pour un choix douteux

Radio-Canada

En plus de traîner la réputation d'être de mauvais appareils, les Lockheed-Martin C-130J que veut acheter Ottawa pour remplacer sa flotte vieillissante d'Hercules lui seront vendus plus cher qu'aux autres acheteurs.

L'opposition compte bien s'acharner, au cours des prochaines semaines, sur le ministre de la Défense, Gordon O'Connor, pour qu'il explique les raisons qui ont poussé son ministère à choisir un appareil controversé comme le C-130J pour remplacer les vieux Hercules canadiens.

En effet, une série d'articles publiés par Le Devoir, plus tôt cette semaine, ont incité les députés de l'opposition à presser de questions sur le C-130J le ministre O'Connor.

Le Devoir a appris, en obtenant copie de divers rapports américains, que l'avion de transport tactique Lockheed-Martin C-130J était très sévèrement critiqué aux États-Unis, à tel point que le Pentagone a tenté, sans succès, d'annuler un contrat passé avec l'avionneur.

Selon les experts indépendants, le C-130J ne peut guère être utilisé que pour l'entraînement ou lors de missions très limitées. Un rapport de l'équivalent américain du vérificateur général indique que le C-130J ne peut servir aux missions de recherches et aux sauvetages dans les zones de combat, qu'il vole très mal de nuit, lors d'opérations de parachutages et de largages d'équipements. Pire encore pour un appareil qui devra tout de même servir au Canada, le C-130J serait, toujours selon ce même rapport, sensible au froid.

Et cet appareil que les États-Unis n'ont acheté qu'à la suite d'un important lobbying de la part de Lockheed-Martin et de ses alliés de l'armée de l'air américaine, le Canada pourrait bien les payer plus cher que tout le monde.

Mercredi, le ministre O'Connor a expliqué qu'il en coûtera aux contribuables canadiens quelque 85 millions de dollars américains pour chaque appareil, soit 20 millions de plus que ce qui a été payé par les États-Unis. L'Italie, elle, a payé 69 millions de dollars pour chacun de ses C-130J.

Et la facture des emplettes canadiennes ne s'arrête pas là puisqu'à cette somme, il faut encore ajouter 100 millions de dollars par appareil pour les pièces de rechange, l'entraînement et la gestion du programme.

Ainsi, pour ses 17 controversés C-130J, Ottawa s'attend à payer pas moins de 3,2 milliards de dollars, sans compter les 1,7 milliard de dollars supplémentaires pour l'entretien de cette délicate flotte pour les 20 prochaines années.