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Le révolutionnaire

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En août 1951, Castro prend la parole publiquement pour mobiliser les masses et appelle les Cubains à la révolte contre l'oppression gouvernementale. Le Parti orthodoxe, fondé par lui, le choisit comme candidat aux élections de 1952, des élections qui n'auront pas lieu: le 10 mars 1952, le sergent Fulgencio Batista renverse le président. C'est le début du combat politique de Castro.

« Il n'y a pas de meilleur enseignement pour les masses que la révolution. C'est le processus révolutionnaire qui a créé la conscience révolutionnaire. »

— Une citation de  Fidel Castro, 1966

Deux semaines après le coup d'État, le jeune avocat tente d'abord sa chance devant les tribunaux pour invalider le coup d'État, accusant le dictateur d'avoir violé la Constitution. En vain.

En mai, une poignée d'étudiants lance le journal très virulent Son los Mismos (« Ce sont les mêmes »), rapidement rebaptisé El Acusador à la suggestion de Castro. Peu après, les services secrets de Batista effectuent une descente dans les locaux de l'imprimerie.

Castro pense alors à créer des cellules secrètes pour se tourner vers la révolte armée. Le mouvement prend de l'ampleur. Il organise des manifestations. Déjà à cette époque, Castro ne croit plus au processus électoral. Pour lui, le changement passe par la révolution.

L'attaque de la Moncada

« Compagnons, nous allons tout donner en échange de rien.  »

— Une citation de  Castro, avant l'attaque

Fidel Castro veut attaquer une caserne militaire, au départ pour se procurer un stock d'armes. Il choisit la caserne Moncada, à Santiago, à cause de sa position isolée. Petit à petit, son plan évolue, et il songe à soulever la région entière.

Il choisit de lancer l'opération le jour du Carnaval. Le mouvement qui se rassemblera autour du jeune leader sera appelé Moncada, mais gardera à long terme le nom de « Mouvement du 26 juillet ».

L'attaque est lancée à l'aube, mais elle échoue lamentablement. Trois partisans de Fidel meurent au combat, 68 autres seront torturés, puis exécutés sommairement. D'autres seront sauvés, et certains, dont Castro, fuiront dans les montagnes.

Castro finira par être dénoncé et arrêté. Grâce à l'intervention de l'archevêque de Santiago, il évitera l'exécution.

Un chiffre symbolique

Né en 26, Fidel Castro a 26 ans lorsqu'il entreprend de conspirer contre Batista. L'attaque contre la caserne Moncada aura lieu le 26 juillet. Ses amis ont indiqué qu'il choisissait souvent cette date pour des décisions importantes.

Un plaidoyer historique

Le procès de Fidel et celui de ses proches sera l'occasion pour lui de se faire entendre haut et fort. En fait, de par sa verve et sa personnalité, il dominera les débats.

« L'histoire m'absoudra. »

— Une citation de  10 octobre 1953

Pendant cinq heures, Fidel Castro s'adresse à ses juges dans un réquisitoire contre la dictature, un réquisitoire qui deviendra historique (le plaidoyer de Moncada). On retiendra, entre autres, le fameux « L'histoire m'absoudra ». Dans ce texte, diffusé illicitement dans le pays, résident les germes de la révolution castriste. Fidel Castro est condamné à 15 ans de bagne.

Il est mis au secret pendant quelques mois, puis il rejoint ses compagnons d'infortune et reprend de plus belle la lutte politique. Derrière les barreaux, il organise des cours, rédige des discours et des textes.

En 1955, sous les pressions de l'opposition, Batista accorde l'amnistie aux prisonniers. Castro sort de prison le 15 mai. Il part au Mexique avec la ferme intention de reprendre ses activités révolutionnaires. Il récolte des fonds aux États-Unis et prend la parole en public en Floride pour disséminer ses idées.

« Le peuple cubain veut une vie décente. [...] l'État ne peut ignorer le sort d'aucun citoyen. »

« La Patrie ou la mort »

De retour au Mexique, il rencontre deux hommes qui auront une importance décisive dans sa vie: Ernesto « Che » Guevara et Alberto Bayo. Son jeune frère Raul sera de tous ses combats.

Deux compagnons d'armes

Che Guevara: Né en 1928, ce jeune médecin argentin se lie à Fidel Castro en 1955 pour mener la guérilla contre le dictateur cubain Fulgencio Batista. Après la révolution, il occupera des fonctions de premier plan et sera tour à tour ambassadeur itinérant, président de l'Institut de la réforme agraire et directeur de la Banque centrale de Cuba.
Alberto Bayo: D'origine cubaine, combattant contre Franco, il possède une compétence militaire qu'il mettra au service de Fidel Castro dès cette époque.

En moins de deux ans, Fidel Castro passera de fugitif à vainqueur face à Batista et ses troupes.

Les hommes de Fidel Castro embarquent à bord d'un petit bateau, le « Granma », embarcation mal préparée à une traversée houleuse et surchargée, entre autres, de munitions. La traversée sera un véritable cauchemar.

Fidel Castro débarque finalement à Cuba avec 82 insurgés, parmi lesquels se trouvent son frère Raul et Che Guevara. L'opération est un échec, car le gouvernement Batista a été prévenu. La plupart des hommes de Castro périssent.

Après plusieurs semaines d'errance, une troupe de 12 personnes forme la première guérilla de la Sierra Maestra. Leur slogan: « Patria o Muerte ».

Les petites troupes de Castro ont des appuis importants, voire décisifs, chez les paysans de la Sierra Maestra qui se joignent à elles petit à petit, ou du moins les aident, en réaction aux politiques brutales des grands propriétaires, dont beaucoup sont Américains.

Le premier territoire libre est créé en novembre 1957 dans la Sierra Maestra. Dès février 1958, la radio rebelle diffuse ses premières émissions.

Alors que les forces gouvernementales ont fait reculer les militants castristes, les maquisards contre-attaquent et infligent une cuisante défaite à l'armée à Santo Domingo puis, en juillet, à El Jigüe. À présent bien armés grâce à leurs prises, les rebelles, divisés en trois troupes, investissent toute l'île le 18 août. C'est la déroute de Batista.

Le 3 janvier 1959, Che Guevara pénètre dans la capitale. Les troupes castristes se sont divisées en plusieurs colonnes qui finissent par se rejoindre en « libérant » des villes sur leur route. Santiago se rend. Le 7 janvier 1959, les États-Unis reconnaissent officiellement le nouveau gouvernement cubain. Le lendemain, Castro entre à La Havane.

La guérilla de Castro, appuyée largement par le peuple cubain, force Batista à quitter le pays. Après une période transitoire pendant laquelle il tiendra une sorte de gouvernement fantôme, Fidel Castro devient véritablement premier ministre et, ajournant les élections prévues, établit un gouvernement personnel et autoritaire.

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