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Le parcours radioactif de Litvinenko

Photo : CBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministre britannique de l'Intérieur, John Reid, a confirmé que des traces de substances radioactives ont été décelées dans au moins deux avions de British Airways ayant effectué la liaison Moscou-Londres, dans le cadre de l'enquête sur la mort d'Alexandre Litvinenko.

Le ministre Reid a par ailleurs indiqué que des traces de polonium 210, l'élément radioactif qui serait responsable du décès de l'ex-espion russe, ont été trouvées dans une dizaine de lieux à Londres par où ce dernier serait passé avant sa mort, le 23 novembre.

Ces lieux incluent les deux hôpitaux dans lesquels M. Litvinenko a été soigné. Une douzaine d'autres sites seront aussi inspectés. Une autopsie complète sera par ailleurs pratiquée vendredi sur le corps de l'ex-agent russe afin de confirmer la cause du décès.

Selon les experts, la présence de polonium 210 sur ces lieux peut s'expliquer de deux façons: soit parce qu'il s'est échappé du contenant dans lequel il était transporté, soit qu'il était présent dans les fluides corporels de personnes contaminées.

Dans tous ces cas, les autorités britanniques assurent que le risque de contamination du public reste faible.

Deux autres avions, russes cette fois, sont aussi dans la mire des enquêteurs, de même qu'un troisième appareil de British Airways cloué au sol à Moscou.

Dans le quotidien russe Kommersant jeudi, Andrei Lougovoi, un ancien agent du KGB, devenu homme d'affaires, a expliqué avoir voyagé le 3 novembre à bord d'un des trois avions de British Airways depuis immobilisés. M. Lougovoi avait rencontré M. Litvinenko à Londres le 1er novembre, jour où l'ex-agent est tombé malade. Il a affirmé n'avoir rien à voir avec cet empoisonnement.

Le vol BA875 entre Moscou et Londres Heathrow le 25 octobre est le premier à avoir attiré l'attention des enquêteurs. Le produit responsable de la mort de l'ancien espion pourrait avoir été à bord.

M. Litvinenko, qui était depuis peu citoyen britannique, enquêtait sur la mort de la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée le 7 octobre dans l'immeuble où elle habitait, à Moscou. La journaliste russe était connue pour ses reportages sur les crimes de l'armée russe en Tchétchénie et avait souvent rencontré M. Litvinenko.

Lui-même ardent critique du gouvernement de Vladimir Poutine, il n'avait pas hésité à l'accuser d'être à l'origine de l'empoisonnement de la journaliste avant de mourir. Ces accusations ont été vigoureusement rejetées par Moscou.

Toutefois, selon Glenmore Trenear-Harvey, un spécialiste de question de sécurité interrogé par la BBC et qui a rencontré M. Litvinenko à plusieurs reprises, sa mort pourrait mieux s'expliquer par des querelles internes au sein des services secrets russes.

Cet expert souligne qu'avant de quitter le FSB (agence qui a succédé au KGB), M. Litvinenko était responsable du département de lutte contre la corruption, et serait ainsi devenu l'ennemi de nombreux collègues qui, depuis, ont joint les rangs de la mafia russe.

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