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Jeanson ne pouvait être suspendue à vie

Radio-Canada

Si l'agence antidopage américaine s'est entendue à l'amiable avec Geneviève Jeanson, c'est parce qu'elle savait que la Canadienne ne pouvait écoper d'une suspension à vie.

Geneviève Jeanson a évité la suspension à vie.

Après près d'un an à préparer sa défense pour blanchir son nom, la cycliste de 25 ans a accepté la semaine dernière la proposition de l'Agence antidopage américaine (USADA): une suspension de deux ans.

Elle pourra donc reprendre la compétition le 25 juillet prochain, deux ans jour pour jour après avoir échoué à un test antidopage à l'EPO au Tour de Toona.

À moins que l'Union cycliste internationale (UCI) ou l'Agence mondiale antidopage (AMA), qui ont un mois pour faire appel de cette décision, ne le fassent et gagnent leur cause.

Vu de l'extérieur, cette décision pour le moins surprenante de l'USADA a soulevé plusieurs questions? Traitement de faveur? Processus trop long et trop coûteux pour l'agence américaine?

Pas vraiment. La suspension de deux ans de la Québécoise est tout ce qu'il y a de plus logique dans un pareil cas. Et ça, l'USADA le savait, peu importe les résultats des analyses du professeur belge Joris Delanghe, embauché par le clan Jeanson pour prouver son innocence.

« Nous n'avons pas du tout été impressionnés par le travail de M. Delanghe. Nous aurions pu remettre en question ses résultats. Mais nous étions convaincus que Geneviève Jeanson aurait obtenu une suspension de deux ans si son cas avait été entendu par l'American Arbitration Association (AAA). Sa première offense ne justifiait pas une suspension à vie », a déclaré Travis Tygart, conseil général de l'USADA, à Radio-Canada Sports.

Oubli coûteux

M. Tygart fait référence à avril 2004. Jeanson avait omis de se présenter à un test antidopage au terme de la Flèche wallonne, une épreuve de la Coupe du monde en Belgique.

La coureuse de Lachine avait alors invoqué avoir oublié de vérifier si son nom était inscrit sur la liste des tests antidopage. De plus, personne de son entourage ne l'avait fait pour elle.

Deux mois plus tard, l'AAA avait penché en faveur de Jeanson. Elle n'a écopé que d'une amende et d'un avertissement. Mais cet « oubli » demeurerait dans son dossier et compterait comme une première offense... advenant une deuxième. De là, le risque de suspension à vie.

Le cas Puerta

L'USADA savait également qu'il y avait des précédents en matière de cas de dopage sur lesquels l'AAA pouvait s'appuyer pour défendre Jeanson, notamment celui du joueur de tennis Mariano Puerta.

En juillet dernier, l'Argentin a vu sa sentence réduite de huit à deux ans par le Tribunal arbitral du sport (TAS) qui qualifiait la prise de stimulants (étiléfrine) comme deux infractions mineures.

L'USADA se défend bien de ne pas avoir poursuivi les procédures par souci d'économie.

« Nous étions prêts pour nous défendre devant l'AAA. Dans des cas de dopage, l'argent n'est jamais une question », assure M. Tygart.

Jeanson pourra donc renouer avec la compétition si le coeur lui en dit. Cela ne veut pas dire pour autant qu'elle pourra participer à des compétitions d'envergure comme les Championnats du monde ou les Jeux olympiques. Parce que bien qu'il n'y ait toujours pas de politique à cet effet, l'Association cycliste canadienne entend bien discuter du bien-fondé de réintégrer dans ses rangs une athlète suspendue pour dopage.

Cette politique prévaut d'ailleurs chez Sports Canada. Les athlètes suspendus ne peuvent plus être « cartés ». Donc, Jeanson ne touchera pas les 1500 $ mensuels de l'organisme canadien pour les athlètes d'élite. Elle devra compter sur ses propres ressources... ou sur celles d'un commanditaire!

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