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« Une opération mal ficelée »

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le vérificateur général estime que l'opération de négociation auprès de fournisseurs européens, en décembre 2005, a dérapé sur le plan éthique, notamment parce que le PDG Sylvain Toutant ne l'a pas supervisée adéquatement.

Le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, conclut que le président de la Société des alcools du Québec (SAQ), Sylvain Toutant, n'a pas planifié et supervisé de façon adéquate les activités de ses négociateurs, en décembre 2005.

Selon M. Lachance, la décision de négocier directement avec des fournisseurs, une première dans l'histoire de la SAQ, aurait été coordonnée « à la hâte », sans avoir reçu l'approbation définitive du conseil d'administration, et aurait dévié vers un objectif « discutable d'un point de vue éthique ». Au terme des négociations, une entente a été prise avec 28 fournisseurs européens afin de maintenir des prix élevés au détail, malgré la dévaluation de l'euro.

Or, selon le rapport déposé à l'Assemblée nationale, il s'agissait à l'origine de demander un rabais volume aux fournisseurs payés en euros afin d'éviter de faire payer aux consommateurs la hausse appréhendée des prix des fournisseurs, en raison des fluctuations de la devise. La SAQ avait d'ailleurs comme pratique historique d'ajuster rapidement ses prix en fonction du cours des devises.

Toutefois, en cours de route, et sans que M. Toutant ne soit au courant ni ne cherche vraiment à l'être, la stratégie des négociateurs a été réorientée. Il s'agit alors d'amener ces mêmes fournisseurs à augmenter le prix de départ chais de leurs produits pour permettre à la SAQ d'obtenir un rabais volume, sans que l'économie ne se répercute sur les prix au détail, et donc sans bénéfice pour les consommateurs.

À la suite de la divulgation par La Presse, à l'hiver 2006, de cette tentative de gonfler les prix puis d'une enquête interne, l'entente a été annulée par M. Toutant.

Ses deux vice-présidents, Laurent Mériaux et Alain Proteau, aussi blâmés par M. Lachance pour leur négligence, avaient dû démissionner dans la foulée des événements pour leur responsabilité dans le changement de stratégie en décembre 2005.

Le vérificateur général conclut que les consommateurs ont finalement pu bénéficier de la baisse de l'euro, mais que cela n'aurait pas eu lieu sans l'impact des médias.

La SAQ a aussi annoncé qu'elle ne demanderait plus, désormais, de rabais volume. Elle s'est aussi engagé à faire profiter systématiquement les consommateurs de toute variation des taux de change.

Toutant satisfait

Le PDG de la SAQ, Sylvain Toutant, a bien accueilli le rapport du vérificateur général sur les pratiques commerciales de gestion de la société d'État.

Quant aux événements de décembre 2005, M. Toutant reconnaît ne pas avoir assuré la supervision nécessaire, mais croit qu'il s'agit, en définitive, d'un « malheureux accident de parcours » sur la bonne route quant à la réforme des pratiques de la société.

Le ministre des Finances Michel Audet se dit convaincu que M. Toutant a dit toute la vérité sur ce qui s'est passé.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, le député péquiste François Legault, croit pour sa part qu'il est plus juste de parler de cafouillage dans la gestion à la SAQ.

« De deux choses l'une : ou il savait, ou il ne savait pas, et dans les deux cas il faut se poser la question de sa compétence », estime M. Legault.

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