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L'épidémie progresse

Radio-Canada

Le nombre de personnes porteuses du virus VIH continue de croître sur la planète, notamment dans des pays où les taux d'infection étaient en régression auparavant, selon le rapport 2006 de l'ONUSIDA.

L'épidémie du sida continue de croître sur la planète, notamment dans des pays où les taux d'infection du virus VIH étaient en régression ou stables, selon le rapport 2006 de l'ONUSIDA, rendu public mardi.

Le Programme commun des Nations unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) évalue désormais à 39,5 millions le nombre de personnes porteuses du virus, soit 2,6 millions de plus qu'en 2004.

Chaque jour, 11 000 personnes sont contaminées par le virus, soit un total de 4,3 millions pour l'année. C'est 400 000 de plus qu'il y a deux ans, selon l'ONUSIDA, qui publie son rapport en prévision de la Journée mondiale du sida, le 1er décembre.

Les jeunes de 15 à 24 ans ont représenté 40 % des nouvelles infections, selon le rapport.

Des améliorations sont tout de même constatées dans certains pays comme le Brésil, où les taux d'infection sont en déclin et où on note une amélioration des comportements sexuels chez les jeunes.

Les Africaines, premières victimes

Les femmes africaines restent les premières victimes du sida sur un continent qui concentre près des deux tiers des séropositifs dans le monde.

Avec près de 25 millions de personnes contaminées, l'Afrique subsaharienne réunit 63 % des porteurs du VIH, parmi lesquels 59 % sont des femmes.

En 2006, 2,8 millions d'Africains ont contracté l'infection et 2,1 millions sont morts du sida - soit 72 % de l'ensemble des décès dus au sida dans le monde - en dépit de progrès dans l'accès aux traitements antirétroviraux.

Environ un million de personnes recevaient des traitements antirétroviraux en Afrique subsaharienne en juin 2006, « soit dix fois plus qu'en décembre 2003 ».

Croissance inquiétante en Europe de l'Est

Le rapport 2006 de l'ONUSIDA indique aussi qu'en Europe de l'Est et en Asie centrale le nombre de personnes vivant avec le virus du sida a été multiplié par 20 depuis moins de 10 ans pour atteindre 1,7 million en 2006.

Environ 270 000 personnes ont été contaminées en 2006. Près du tiers des nouvelles infections diagnostiquées concernent des jeunes de 15 à 24 ans. La majorité de ces jeunes vivent en Russie et en Ukraine.

L'utilisation de seringues non stériles reste le principal mode de transmission du VIH. Une proportion croissance des infections (37 % des cas notifiés en 2005) se produisent lors de rapports sexuels non protégés.

Les femmes, qui représentaient 41 % des nouvelles infections à VIH notifiées en 2005, portent une part croissante du fardeau de l'épidémie.

La Russie compte quelque 940 000 personnes contaminées par le VIH, dont 80 % sont des jeunes ayant entre 15 et 30 ans. L'infection se propage notamment dans les prisons russes, où le nombre total de cas de VIH est passé de 7500 en 1999 à 32 000 en 2005.

Le Brésil cité en exemple

Le Brésil, où vivent un tiers des quelques 1,7 million de séropositifs d'Amérique latine, a pu contenir la progression de l'épidémie grâce à la priorité donnée à la prévention et au traitement, relève le rapport.

Pays le plus peuplé d'Amérique latine, le Brésil compte 620 000 personnes vivant avec le VIH. Le taux d'infection est toutefois stabilisé à près de 0,5 % de la population adulte depuis 2000.

La promotion de l'éducation sexuelle dans les écoles et les incitations à l'usage du préservatif ont fait grimper le taux d'utilisation de celui-ci de 50 % parmi les Brésiliens entre 1998 et 2005, une amélioration « considérable » selon l'ONUSIDA.

Le rapport souligne aussi que la fourniture des traitements antirétroviraux est « l'une des plus complètes du monde et donne des résultats positifs ». La transmission mère-enfant du VIH est passée de 16 % en 1997 à 4 % en 2002, et les taux de mortalité dus au sida ont baissé de 50 % entre 1996 et 2002, souligne le rapport.

Cependant, les niveaux d'infection restent élevés parmi les consommateurs de drogues injectables, faute d'utilisation de matériel stérile chez les trois quarts d'entre eux. Les rapports sexuels non protégés entre hommes représentent également un facteur important de transmission du VIH au Brésil.