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Nouvelle garde, meilleure entente?

Radio-Canada

Alors que les obstétriciens envisagent de faire la grève, le ministre de la Santé souhaite que la démission du président de la FMSQ améliore les relations entre Québec et les médecins spécialistes.

Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a réagi mardi à la démission du président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Yves Dugré.

M. Couillard a dit souhaiter que ce changement à la tête de l'organisme entraînera une amélioration de ses relations avec le gouvernement.

Le ministre déplore le climat tendu qui persiste dans les relations entre Québec et les spécialistes, de même que les refus répétés opposés par la FMSQ à sa proposition de faire intervenir un médiateur dans le dossier de leur rémunération.

Le dialogue est rompu entre Québec et la FMSQ, qui représente les quelque 8000 médecins spécialistes de la province. Ces derniers dénoncent la loi spéciale du gouvernement Charest, qui leur a imposé en juin des conditions de travail qu'ils jugent inacceptables.

Ils dénoncent l'écart de rémunération les séparant de leurs homologues du reste du Canada, écart qu'ils évaluent à 40 %. Le ministre Couillard reconnaît l'existence d'un écart, mais son gouvernement offre un rattrapage de 10 %.

Le Dr Dugré, à la barre de la FMSQ depuis 2001, a remis sa démission lundi, invoquant des raisons de santé. Déjà, il s'était effacé du devant de la scène depuis quelques semaines, pour des raisons du même ordre.

Son successeur sera élu dès jeudi, quand les délégués de la FMSQ se réuniront en assemblée spéciale. C'est le vice-président Louis Morazain qui assure le bref intérim.

Les obstétriciens indignés

Pendant ce temps, la tension entre Québec et les spécialistes s'est accrue encore, lundi, quand les gynécologues-obstétriciens des hôpitaux universitaires Sainte-Justine et Saint-Luc, à Montréal, ont signifié leur intention de ne plus assurer leurs tours de garde à compter de janvier.

Ils dénoncent le tort particulier que leur cause la loi spéciale. Coupant court aux négociations alors en cours, la loi 37 a imposé aux gynécologues-obstétriciens de payer à compter de 2007 la totalité de leurs frais d'assurance-responsabilité, qui s'élèveront à 35 000 $ par médecin. Une entente avec Québec faisait en sorte qu'il en payaient jusqu'à présent 19 %.

Cette sortie des obstétriciens a été qualifiée de « prématurée » par le ministre Couillard. Il fait valoir que les griefs des gynécologues-obstétriciens ne peuvent être réglés que par la négociation, ajoutant que la population ne peut accepter une telle menace.

Payer pour monter la garde

Les tarifs de l'assurance-responsabilité des gynécologues-obstétriciens ont augmenté au cours des dernières années, passant de 25 000 $ l'an dernier à 35 000 $ cette année.

Or, un accouchement rapporte 335 $ à un obstétricien québécois, alors que ses collègues des autres provinces touchent au moins 500 $, a affirmé la présidente de l'Association des obstétriciens et gynécologues du Québec (AOGQ), la Dre Diane Francoeur.

« Un médecin obstétricien-gynécologue qui voudra continuer d'avoir le privilège d'être de garde tout le temps devra faire un minimum de 100 accouchements par année pour payer sa prime... sans avoir un sou de plus dans ses poches », a-t-elle ironisé.

Si les médecins ne renouvellent pas leur assurance-responsabilité, il leur sera impossible d'assurer leur tour de garde ni de pratiquer des accouchements.

La Dre Francoeur précise que les gouvernements des autres provinces paient la totalité de cette prime d'assurance tout en rémunérant davantage leurs gynécologues-obstétriciens. Dans ces conditions, elle estime que les hôpitaux de la province auront du mal à recruter suffisamment de spécialistes répondre à leurs besoins.

D'autres spécialistes sur le sentier de la guerre?

De tels moyens de pression pourraient se propager à plusieurs établissements montréalais et même à l'ensemble de la province. « Ça saute dans les hôpitaux universitaires en premier parce que la garde y est plus lourde », a expliqué la Dre Francoeur.

Les moyens de pression des obstétriciens pourraient aussi être imités par les radiologistes. Le président de l'Association des radiologistes affirme que ses membres qui atteignent l'âge de la retraite, soit quelque 15 % des effectifs, pourraient ne pas renouveler, eux non plus, leurs assurances.

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