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Donald Rumsfeld démissionne

Radio-Canada

Au lendemain de la défaite des républicains aux élections de mi-mandat, le secrétaire à la Défense quitte ses fonctions en déclarant que la guerre au terrorisme est « incomprise ». L'ancien chef de la CIA, Robert Gates, lui succède.

Au lendemain de la défaite de son parti aux élections de mi-mandat, le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a remis sa démission en déclarant que la guerre au terrorisme était « peu comprise et peu familière ». L'ancien directeur de la CIA, Robert Gates, le remplacera.

Le président Bush a grandement vanté la nouvelle recrue de son Cabinet. « Il apportera une nouvelle perspective autour de la table. C'est un stratège hors pair qui sait que l'enjeu de la protection nationale dépasse les partis ».

Pour sa part, M. Gates s'est dit fort honoré de se joindre à l'équipe du président Bush. Même sil estime que son emploi en tant que directeur de la A & M University était le plus excitant de sa carrière, M. Gates veut « remplir son devoir en participant au dénouement d'une guerre [au terrorisme] qui déterminera l'ordre mondial pour plusieurs décennies ».

La démission de M. Rumsfeld, un des principaux artisans de la guerre en Irak, survient au lendemain de la victoire des démocrates à la Chambre des représentants et quelques jours à peine après que sa démission eut été réclamée par l'armée américaine et certains journaux militaires officiels.

« M. Rumsfeld fut un leader superbe, a commenté George Bush. Mais il comprend aussi l'importance d'apporter du sang frais, à un tournant critique de cette guerre. Je le remercie de son service à la nation. »

Le président Bush a rappelé quelques faits d'armes du secrétaire à la Défense au plus long mandat de l'histoire: ses victoires contre les régimes totalitaires d'Irak et d'Afghanistan et sa lutte acharnée pour donner la liberté à 50 millions de personnes, ainsi qu'une sécurité intérieure améliorée aux États-Unis.

Au cours de sa petite intervention en conférence de presse, Rumsfeld semblait amer. Après avoir remercié le président de lui avoir offert une « sainte occasion », il a conclu en disant que le bilan de l'administration Bush allait, au bout du compte, être jugé de manière positive par l'Histoire.

Plusieurs nations alliées des Américains ont accueilli avec regret le départ de Rumsfeld, dont l'Afghanistan, qui s'est dit fort triste de le voir partir.

Un message clair de la population

Le président américain affirme avoir « bien compris » le message lancé mardi par les électeurs. « L'Irak a joué un rôle dans ces résultats, mais avant tout, le peuple américain a signifié qu'il voulait que ses leaders fassent preuve d'éthique, et que nous cessions nos rivalités politiques pour travailler ensemble. »

M. Bush a toutefois prévenu que la lutte contre le terrorisme n'était en aucun cas remise en question. « J'ai un message pour nos ennemis: ne vous réjouissez pas trop vite. » Aux troupes américaines et aux Irakiens: « N'ayez pas de doutes, l'Amérique va toujours vous soutenir », a-t-il dit.

« Ces élections n'ont pas changé ma responsabilité fondamentale, qui est de protéger la sécurité des Américains, a-t-il ajouté. Je sais qu'il y a du mécontentement face au manque de progrès en Irak. Mais nous ne pouvons accepter la défaite. » Le président a ensuite souligné qu'il allait rencontrer les nouveaux élus afin « de leur faire comprendre les enjeux et trouver des solutions. »

Cohabitation difficile en vue

Lorsqu'interrogé pour savoir comment il appréhendait sa relation avec Nancy Pelosi, la nouvelle leader démocrate de la Chambre des représentants qui l'a qualifié d'incompétent pendant la campagne électorale, le principal intéressé s'est fait diplomate: « Nous trouverons un terrain d'entente. Quand je la rencontrerai, nous réunirons nos forces. Les gens s'attendent à ce que nous travaillions ensemble. »

Plusieurs dossiers divisent les démocrates et les républicains, notamment la question de la recherche sur les cellules souches et celle du salaire minimum.

Au Missouri, un des États où les démocrates ont battu un sénateur républicain, les électeurs ont largement appuyé une résolution en faveur de la recherche scientifique, à la suite d'une campagne publicitaire dont le comédien Michael J. Fox, atteint de la maladie de Parkinson, était un des instigateurs.