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Une étude critiquée

Radio-Canada

L'Organisation mondiale pour l'alimentation et l'agriculture soutient que la disparition des crustacés et poissons, telle qu'invoquée dans la revue Science, est improbable.

L'Organisation mondiale pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) rejette les conclusions de l'étude de la revue Science qui soutient que la totalité des crustacés et certaines espèces de poissons pourraient disparaître complètement des océans d'ici 50 ans.

Tout en soulignant que la présente situation en matière de conservation des espèces de poissons et crustacés dans le monde n'est pas acceptable, la FAO affirme que le scénario de la revue est « improbable ».

Selon l'organisation, l'étude devra d'abord être confirmée par d'autres scientifiques. Elle ajoute que l'extrapolation sur 40 ans par les auteurs de l'article des chiffres actuels de baisse des réserves est statistiquement dangereuse. Pour que le scénario se concrétise, la FAO dit qu'il faudrait une conduite irresponsable de toutes les industries et des gouvernements pendant quatre décennies. « Et il faudrait un incroyable niveau d'apathie de tous les citoyens du monde pour que cela survienne », estime Serge Garcia, responsable de l'organisation.

La FAO rappelle qu'elle a sonné l'alarme sur la baisse des stocks de poissons dans les années 80 et que les efforts faits depuis ont permis de réaliser des progrès. Selon elle, les restrictions imposées à la pêche, les allocations de quotas, la reconnaissance par une étiquette des conduites responsables ont permis à plusieurs stocks de poissons et crustacés de se régénérer.

L'organisation soutient par contre que la situation dans les pays en voie de développement est toujours problématique puisque les gouvernements n'ont pas les moyens d'appliquer les politiques de conservation des espèces.

Malgré les efforts déployés, la FAO avertit qu'une diminution supplémentaire des stocks de poissons pêchés ne peut avoir que des effets négatifs sur la sécurité alimentaire de la planète. Selon elle, la demande en poissons dans le monde s'établira à 180 millions de tonnes en 2030. Annuellement, il se pêche quelque 90 millions de tonnes de poissons. Si le rythme demeure le même, il faudra donc se tourner vers d'autres alternatives, comme l'aquaculture. La FAO prévient toutefois que cette option aurait des conséquences néfastes pour l'environnement.

En 2005, 43 % des poissons consommés provenaient de l'aquaculture contre 9 % en 1980.

Une situation déplorable

Le ministre fédéral des Pêches, Loyola Hearn, se dit très préoccupé par l'étude canado-américaine. Selon lui, Ottawa n'a rien à se reprocher dans la protection des stocks de poissons, mais des mesures doivent tout de même être prises à l'échelle mondiale.

L'étude publiée dans le magazine américain Science blâme la surpêche et la pollution. Pour le ministre, le rapport souligne le besoin d'efforts internationaux accrus pour protéger la ressource.

Jean-Claude Brêthes, de l'Institut des sciences de la mer de Rimouski, s'est quant à lui dit peu surpris des conclusions de l'étude. Il affirme que plusieurs études publiées au cours des dernières années évoquaient déjà une diminution alarmante des stocks de poissons. Il affirme que des efforts ont été faits au cours des dernières décennies mais que les stocks de poissons se renouvellent moins vite que prévu.

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