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Heureusement, il y a les jeunes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

On se souvient tous de ces images très fortes d'Afghans qui se précipitaient chez le coiffeur pour se faire raser la barbe ou encore de ceux qui sortaient de leurs placards des téléviseurs et des radios gardés secrètement pendant des années.

C'était à la fin de 2001, au lendemain du départ des talibans. Tous les espoirs semblaient permis...

Après des années de combats contre l'Alliance du Nord et, surtout, deux mois d'intenses bombardements de l'aviation américaine, le régime musulman ultraconservateur et cruel du mollah Omar venait de tomber. La communauté internationale promettait maintenant des milliards de dollars d'aide, et la restitution des libertés civiles.

Cinq ans plus tard, rien ne va plus.

Il y a bien eu l'élection démocratique d'un nouveau gouvernement dirigé par Hamid Karzai. Et le retour des petites filles à l'école. Mais aujourd'hui, la tristesse et le désespoir se lisent sur la majorité des visages afghans, qu'ils soient à Kaboul, à Kandahar ou à Hérat. C'est ce que j'ai découvert, à ma plus grande surprise, lors de mon récent séjour en Afghanistan, en septembre dernier.

J'avais assisté aux combats entre l'Alliance du Nord et les talibans dans le nord du pays, près de la frontière du Tadjikistan, à l'automne 2001. J'étais allé à Kandahar, au début de 2002, pour constater les effets du départ des fous d'Allah. Bien que réservés et prudents, les citoyens afghans ne demandaient qu'à croire les Occidentaux quand ils leur promettaient un avenir meilleur. À l'automne 2004, avec des collègues de CBC, j'avais observé que les progrès étaient lents, mais que le calme relatif était de bon augure. Les conditions de vie des habitants de ce pays déchiré par trente ans de guerres allaient sûrement s'améliorer, croyait-on.

Erreur. Malgré la quinzaine de milliards de dollars dépensés par les pays étrangers, les conditions de vie des gens ont très peu changé. La pauvreté est insupportable, le chômage, endémique. Les Afghans ne savent plus à qui se fier. Leurs dirigeants sont corrompus, les Occidentaux ont revêtu à nouveau leurs uniformes de guerre.

J'ai pourtant rencontré plusieurs groupes de jeunes dans la capitale qui rêvent encore de terminer leurs études, d'obtenir leurs diplômes et de travailler pour la reconstruction de leur pays. Des garçons et des filles dans la jeune vingtaine dont la motivation est encore intacte. Ils représentent l'espoir. Les filles m'ont dit vouloir devenir médecins pour soigner les trop nombreux enfants malades. Les garçons parlaient de devenir ingénieurs pour reconstruire les ponts et les routes. Tous, avec du feu dans les yeux. C'est à eux que les dirigeants actuels de l'Afghanistan et les multiples armées étrangères présentes dans le pays devront bientôt céder la place. Et c'est en pensant à eux que j'ai réalisé cette série de reportages.

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