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Lucien Bouchard en remet

Radio-Canada

L'ancien premier ministre soutient que la province est en manque de rêves et qu'elle doit se réveiller et se prendre en main. Il prône notamment le lancement de grands projets et un meilleur système d'éducation.

Un an jour pour jour après la publication du manifeste Pour un Québec lucide, l'un de ses principaux signataires, Lucien Bouchard, a voulu faire le point.

Selon lui, le manifeste a permis de lancer un débat, mais il reste beaucoup de chemin à parcourir.

Dans un discours prononcé à l'Université McGill, l'ancien premier ministre a déclaré que le Québec était maintenant à la croisée des chemins et qu'il devait se prendre en main. « Il va falloir faire quelque chose [...] On ne peut pas échapper à la vérité. » Selon lui, le Québec est en panne de rêves et fait du « sur-place ». Pour relancer la province, il demande notamment aux autorités de mettre en place des projets dans l'inspiration des grands chantiers de la Révolution tranquille. Il a d'ailleurs déploré la philosophie du consensus à tout prix qui, selon lui, freine l'élan du Québec. « Il faut arrêter d'attendre que tout le monde soit d'accord. » En conséquence, M. Bouchard s'est dit déçu de l'échec de projets majeurs comme celui du Casino à Pointe-Saint-Charles, à Montréal.

Lucien Bouchard a aussi rappelé l'importance de réduire la dette de la province pour ne pas laisser un trop lourd fardeau aux générations futures.

L'ancien premier ministre a également plaidé pour un meilleur système d'éducation, « la clé de l'avenir », selon lui. M. Bouchard souhaite un plus grand investissement dans ce secteur, mais devant l'état des finances publiques, il dit comprendre que le gouvernement doive faire des choix. Afin d'améliorer le système, il soutient que tôt ou tard, les droits de scolarité devront être haussés. Il propose aussi aux Québécois de « peut-être travailler plus. » pour amener plus d'argent dans les coffres de l'État, qui pourra ainsi réinvestir dans l'éducation. Rappelons que plus tôt cette semaine, M. Bouchard avait soulevé la controverse en affirmant que les Québécois ne travaillaient pas assez.

Pour mener à bien les changements qu'il souhaite, Lucien Bouchard dit par ailleurs avoir foi en la classe politique actuelle. « Oui, j'ai confiance dans les milieux politiques. Parce qu'eux ont osé entrer dans la vie active, dans la vie politique. Ils ont osé affronter les électeurs, se présenter, mener la vie d'enfer qui est la leur. On a la chance d'avoir une classe politique honnête, intègre qui mérite beaucoup mieux que le niveau d'estime auquel elle est placée par les citoyens. » Il croit cependant que les politiciens devront être mieux épaulés par tous les intervenants du milieu civil pour qu'ils puissent vraiment faire une différence.

Publié le 19 octobre 2005, le manifeste Pour un Québec lucide déplorait le « refus du changement » et le fait que le discours social québécois soit dominé par des groupes de pression de toutes sortes, dont les grands syndicats. Les 12 signataires soulevaient deux grands défis auxquels sont confrontés les Québécois: l'ampleur de la dette et le déclin démographique. Comme solutions, ils prônaient notamment une plus grande ouverture au secteur privé dans certains domaines et une réforme majeure de la taxation.