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Mahmoud Jaballah dans les limbes

Radio-Canada

Un juge décrète que Mahmoud Jaballah ne peut rester au Canada, mais qu'il ne peut être déporté en Égypte où il risque d'être torturé.

Le juge fédéral Andrew MacKay a décrété lundi que Mahmoud Jaballah, emprisonné depuis 2001 en vertu d'un certificat de sécurité, ne pouvait rester au Canada, mais ne pouvait non plus être déporté en Égypte, son pays d'origine.

Dans son jugement, il a retenu les arguments de l'avocat de la défense, John Norris, qui laissaient entendre que son client serait victime de torture si le Canada le contraignait à l'exil.

M. Norris s'est montré fort heureux de la tournure des événements, et a qualifié la décision du juge de « monumentale ». Selon lui, c'est la première fois qu'un présumé terroriste sur qui pèse un certificat de sécurité bénéficie d'une telle clémence.

Par contre, il a reconnu que son client se trouvait un peu dans les limbes, considérant que le juge MacKay a également maintenu le certificat de sécurité contre M. Jaballah. La décision entérine donc la position du gouvernement à son égard.

Depuis son arrestation, Mahmoud Jaballah dément tous les chefs d'accusation qui pèsent contre lui. Il soutient que le gouvernement égyptien a créé de fausses preuves en le liant de près au groupe Al-Jihad, qui veut le renverser pour établir un État islamique.

Au début du mois d'octobre, des amis et des membres de sa famille ont tenté sans succès d'obtenir sa libération conditionnelle. Les autorités ont refusé, expliquant que le détenu représentait encore un grand danger pour la population canadienne.

Fait exceptionnel, M. Jaballah, arrivé au pays en 1996, a fait l'objet de deux certificats de sécurité. Le premier certificat émis à son endroit a été annulé en 1999. Le second, délivré en 2001, a mené à son emprisonnement actuel. Dans l'intervalle, l'homme a vécu une « vie paisible », selon son avocat.

Les certificats de sécurité sont émis conjointement par les ministères de l'Immigration et de la Sécurité publique, qui peuvent décider de faire emprisonner pour une période de temps indéterminée, et sans divulguer la preuve, tout étranger ou résident permanent considéré comme une menace à la sécurité du pays. Dans les cas les plus graves, les personnes arrêtées peuvent être expulsées du pays.