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Des spécialistes pour les tirs de barrage?

Bonjour à tous,

Depuis toujours, on trouve au sein de chaque équipe un spécialiste des bagarres. Certains se sont même rendus célèbres.

À Montréal, John Ferguson et Chris Nilan ont peut-être été les plus populaires, sans oublier Pierre Bouchard, bien sûr. La Ligue nationale a connu Eddie Shack, Tiger Williams, Stan Jonathan, Bob Probert, Tie Domi, Dave Semenko, et j'en passe.

Ces joueurs avaient deux points en commun: ils jetaient les gants et étaient capables de jouer au hockey sans mettre leur équipe dans l'embarras.

Leur présence était jusqu'à tout récemment considérée comme normale, voire même souhaitable pour certains directeurs généraux. Mais, vous l'aurez remarqué, les bagarres sont désormais moins fréquentes. Depuis l'an dernier, on s'interroge même sur la nécessité de garder de tels spécialistes.

Oh! Ça n'a pas empêché Bob Gainey de faire d'Aaron Downey l'un de ses premiers signataires quand est venu le temps de renouveler les contrats, l'été dernier.

Downey peut s'estimer heureux parce que, statistiquement, un autre genre de spécialiste semblerait beaucoup (beaucoup, beaucoup!) plus utile dans la Ligue nationale de 2006-2007.

Je parle d'un spécialiste à l'attaque. Un talent offensif brut rendu presque indispensable depuis l'ajout des tirs de barrage.

Le phénomène nous a presque échappé à Montréal, l'an dernier, parce que le Canadien n'a été impliqué que cinq fois dans des matchs conclus par des tirs de pénalité (fiche de 2 gains et 3 revers). Mais, en moyenne, chaque équipe a vu 10 de ses matchs se régler en fusillade. La saison de quelques équipes a même été directement influencée par les tirs de barrage.

Des exemples?

Tampa Bay a remporté six fusillades sur dix, la saison dernière. Atlanta en a gagné cinq et perdu cinq. Le Lightning a devancé les Thrashers par deux petits points à la fin de la saison. Le Lightning a pris part aux séries, les Thrashers, non. Si les Thrashers en avaient gagné une de plus et le Lightning, une de moins? Vous imaginez?

Dans l'Ouest, Vancouver a fini 9e et a raté les séries par trois points. Les Canucks ont perdu 5 fois en tirs de barrage au cours de la saison. Les Oilers ont pris le 8e rang et participé aux séries après avoir remporté 7 matchs en fusillade. Et les Oilers sont passés à une victoire de remporter la Coupe.

Alors, à quand un spécialiste des fusillades?

Si on retrouvait au sein du 4e trio un joueur offensif capable d'intervenir lors des attaques massives, un joueur particulièrement efficace en tirs de barrage et, pour faire bonne mesure, capable de jouer convenablement sans mettre son équipe dans le pétrin, est-ce qu'on y gagnerait?

Je pose la question autrement: combien de matchs ont été gagnés ou perdus à cause de l'intervention d'un bagarreur, l'an dernier?

Oui, oui, je sais. On dit qu'une bagarre peut changer le tempo, qu'un homme fort peut faire grandir ses coéquipiers de 2 pouces... Le refrain est connu.

Par contre, le prix est élevé. Le résultat, lui, l'est souvent moins. Et un spécialiste à l'attaque, ce ne serait pas une première. Souvenez-vous de Jean-François Sauvé. Au milieu des années 80, Sauvé donnait une autre dimension à l'attaque à cinq des Nordiques. C'était un véritable spécialiste (et une peste pour les partisans du Canadien!). Michel Bergeron l'employait presque exclusivement dans ces circonstances, et Sauvé faisait le travail.

Est-ce qu'on verra le retour de ce genre de joueur? N'en soyez pas étonnés.

Et Radek?

Radek Bonk a connu un bon camp. Il a bien paru lors des premiers matchs du Canadien. Je vous dis ça pour vous préparer à ma proposition: on devrait voir Radek en tirs de barrage chez le Canadien.

Cessez de rire!

Assez, j'ai dit!

Sachez que lors du camp d'entraînement, on terminait chaque journée par une séance collective de tirs de barrage. Devinez qui marquait toujours et affichait un répertoire de feintes absolument étonnant? Eh oui! Radek lui-même. Quand il n'y a personne derrière pour le presser, ce bon Radek est d'une habileté étonnante.

Encore un Mozart assassiné.

Parlant de Mozart

Après trois matchs, le Canadien a accumulé 5 points sur une possibilité de 6. Alex Kovalev a un but (le but gagnant contre Philadelphie) et deux passes à sa fiche. Un point par match pour « l'artiste ». Pas si mal.

Pourtant, je ne cesse d'entendre les collègues et les partisans dire combien Kovalev se traîne les pieds et combien ce serait agréable s'il se donnait tout entier pendant 82 matchs.

Allez donc tenter de changer Kovalev à son âge et à ce stade de sa carrière. Kovalev joue du Mozart, voyez-vous? C'est un pianiste de concert. On peut préférer les pianistes de saloon qui jouent sans s'arrêter, soir après soir, au milieu des bagarres. Mais ils n'ont pas le talent des pianistes de concert. Or, les pianistes de concert ne jouent pas tous les soirs. C'est connu. Ce sont des artistes plus capricieux, parfois même un peu diva. Et, ultimement, ce sont eux qui remplissent les salles de spectacle.

Kovalev est de cette race-là. Il l'était. Il le restera. Il faut l'apprécier pour ce qu'il est ou se contenter du pianiste de saloon.

À bientôt.

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