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Harper cible la pollution urbaine

Radio-Canada

Ottawa annonce le dépôt la semaine prochaine aux Communes d'un projet de loi antismog. La mesure est décriée par Québec, qui réclame de l'argent, et par les environnementalistes, qui la qualifient de simple écran de fumée.

Le gouvernement Harper a donné un bref aperçu de ce qui constituera son « approche verte » lors d'une conférence de presse à Vancouver.

Entouré de ses ministres de la Santé, des Transports, des Ressources naturelles et de l'Environnement, le premier ministre a annoncé son intention de déposer la semaine prochaine aux Communes un projet de loi antismog.

Selon Stephen Harper, la future Loi canadienne sur la qualité de l'air forcera l'industrie à appliquer un ensemble de mesures antipollution et imposera des normes nationales.

Le premier ministre n'a, par ailleurs, fait mention d'aucun objectif de réduction de gaz à effet de serre (GES) et s'est montré très évasif sur l'avenir du protocole de Kyoto sous son gouvernement.

Ottawa se donne un an pour mener à terme les consultations nécessaires auprès de l'industrie et des provinces et développer les réglementations adaptées pour chaque industrie avant de mettre en oeuvre la loi. Il veut s'assurer notamment qu'elle permettra à l'industrie de demeurer compétitive en Amérique du Nord.

Ses ministres n'ont pour leur part fait aucun commentaire.

Québec fulmine

Le ministre de l'Environnement du Québec, Claude Béchard, a dénoncé les intentions du gouvernement Harper. Il critique surtout l'idée d'une tournée de consultation qui pourrait durer plus d'un an. « Le temps est à l'action, surtout qu'en Europe, on se prépare pour un "Kyoto plus", tandis qu'au Canada, on va vers un "Kyoto moins" ».

Selon lui, le Québec a assez attendu, et l'argent doit entrer dans les coffres pour permettre au gouvernement Charest de mettre en oeuvre les objectifs qu'il s'est fixés dans son plan vert, lancé en juin 2006.

M. Béchard a paru surpris par l'annonce de Stephen Harper. Celle-ci ne reflète pas, selon lui, les discussions qu'il a eues avec son homologue fédérale, avec qui il n'avait jamais discuté d'une tournée de consultations.

Le ministre est à Yellowknife dans le cadre d'une rencontre de tous les ministres provinciaux de l'Environnement. Il doit discuter avec Mme Ambrose mercredi et lui faire part de son insatisfaction.

Un écran de fumée conservatrice

Tant Greenpeace que l'Institut Pembina ont dénoncé comme une mascarade le projet conservateur puisque, à leur avis, la Loi canadienne sur la protection de l'environnement offre déjà à la ministre de l'Environnement toute la latitude nécessaire pour imposer les mesures projetées, sans devoir attendre quatre ans pour une nouvelle loi.

Selon Johanne Whitmore, spécialiste des changements climatiques à l'Institut Pembina, Ottawa semble faire peu de cas des importantes consultations publiques qui ont déjà été faites, depuis trois ans, sur la façon d'encadrer l'industrie.

Mme Whitmore précise que les dispositions existantes de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement sont telles qu'il serait possible d'avoir dès 2008, à temps pour la première phase d'application du protocole de Kyoto, une loi pour réglementer les gaz à effet de serre produits par l'industrie.

Pour Steven Guilbaut, de Greenpeace, on assiste au Canada à une réédition de ce qui a lieu aux États-Unis en matière environnementale depuis l'accession à la présidence de George W. Bush.

Il rappelle à cet effet que le gouvernement Harper n'a pas hésité, depuis son élection, à mettre au rancart une réglementation qui aurait obligé les grandes entreprises à limiter leurs émissions de GES.

Autre fait significatif, le porte-parole de Greenpeace affirme que, selon ses sources, la ministre de l'Environnement, Rona Ambrose, n'aurait même pas encore été breffée par les scientifiques du ministère sur le protocole de Kyoto.