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Une journaliste assassinée

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Anna Politkovskaïa, critique acerbe de la politique russe en Tchétchénie, est tuée par balle à Moscou.

La journaliste russe Anna Politkovskaïa, connue pour sa couverture très critique de la guerre en Tchétchénie, a été tuée par balle samedi à Moscou.

Mère de deux enfants, elle avait dénoncé à plusieurs reprises les violations des droits de l'homme dont se rendaient coupables les forces russes en Tchétchénie. Quelques-uns de ses articles lui avaient même valu des menaces.

« La première idée qui vient à l'esprit, c'est qu'Anna a été tuée en raison de ses activités professionnelles. Nous ne voyons pas d'autre motif », a déclaré Vitali Iarochevski, rédacteur en chef adjoint de Novaïa Gazeta, le journal d'opposition où travaillait la victime. « Tout ce qu'elle écrivait était risqué », a-t-il ajouté.

Le procureur général de Moscou, Louri Siomine, a déclaré aux journalistes que la justice considérait cette affaire comme un meurtre.

Selon l'agence de presse Interfax, un voisin aurait découvert le corps de la journaliste dans l'ascenseur de son immeuble, samedi. Les policiers ont retrouvé dans l'ascenseur un pistolet et quatre douilles, ajoute l'agence.

Grande perte pour le journalisme russe

Les groupes de défense de la liberté de la presse ont aussitôt condamné son assassinat. « C'était une journaliste brave et intrépide qui n'a pas cessé de risquer sa vie pour fournir des informations de cette région. C'est un événement terrible pour le journalisme en Russie », a déclaré à New York Abi Wright, porte-parole du Committee to Protect Journalists. Il en a profité pour rappeler qu'une dizaine de journalistes avaient été tués en Russie ces dernières années.

Mme Politkovskaïa, 48 ans, avait joué un rôle d'intermédiaire lors de la prise d'otages par des rebelles tchétchènes dans un théâtre de Moscou en 2002. Deux ans plus tard, lors de la prise d'otages dans une école de Beslan, elle n'avait pu se rendre sur place, ayant dû être hospitalisée pour empoisonnement après avoir bu une tasse de thé dans l'avion. Elle avait d'ailleurs accusé les autorités d'avoir empoisonné le thé.

La journaliste russe a remporté en 2003 le prix du Journalisme et de la Démocratie de L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Cette lauréate de la Plume d'or (prix de l'Union des journalistes de Russie) en 2001 a également publié plusieurs livres, dont Voyage en enfer: Journal de Tchétchénie, qui avait eu un large écho lors de sa sortie en France.

Son dernier article dans Novaïa Gazeta, au début du mois, intitulé « Entente punitive », évoquait la terreur instaurée par les milices de Ramzan Kadyrov, officiellement intégrées à l'armée.

Le dernier meurtre d'un journaliste à faire les manchettes en Russie remonte au 9 juillet 2004. Le journaliste américain Paul Klebnikov, responsable de l'édition russe du magazine Forbes, avait été tué de quatre balles alors qu'il quittait son bureau, à Moscou. Ses assassins n'ont jamais été retrouvés.

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