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Le fil des événements

Radio-Canada

Le 30 septembre 2006, à 12 h 38, la portion sud du viaduc du boulevard de la Concorde, à Laval, s'effondre. Elle entraîne dans la mort cinq automobilistes qui passaient sur l'autoroute 19 à ce moment.

Six autres personnes sont blessées en plongeant dans le vide alors qu'elles se trouvaient sur le viaduc.

Les heures précédant la tragédie se précisent ensuite. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) confirme avoir reçu vers 11 h 30 des appels téléphoniques signalant que des morceaux de béton se détachaient du viaduc. Quelques minutes plus tard, un patrouilleur se rend sur les lieux.

Des tests visuels et sonores ne révèlent rien d'alarmant. Ainsi, il décide de garder l'autoroute 19 ouverte à la circulation, même s'il détient l'autorité de la fermer. Il a depuis été exempté de tout blâme par le ministre québécois des Transports, Michel Després.

À 12 h 33, Transports Québec reçoit d'autres messages de citoyens inquiets. Malheureusement, le viaduc s'effondre comme un château de cartes quelques minutes plus tard avant toute réaction.

Histoire de formation?

La question se pose donc à la lumière des événements: la batterie de tests sommaires du ministère est-elle efficace? À cet effet, le MTQ confirme qu'il met au point de nouveaux tests, sans les lier à la tragédie de Laval. Selon un porte-parole, c'est l'évolution logique des technologies et des responsabilités qui l'amène à le faire.

Il confirme toutefois que les patrouilleurs devront retourner sur les bancs d'école, comme c'est souvent le cas d'ailleurs, pour remettre toutes leurs compétences au goût du jour.

Les réactions

Immédiatement après la tragédie, les équipes se mettent à pied d'oeuvre. Les secours réussissent à extraire deux carcasses de voiture des décombres, mais le constat est douloureux. Dans un véhicule, Jean-Pierre Hamel, Gilles Hamel et Sylvie Beaudet sont retrouvés sans vie. Dans l'autre, c'est Véronique Binette et Mathieu Goyette.

Si le récit se précise, l'événement, lui, reste inexplicable. Le viaduc avait fait l'objet d'une vérification élargie en mai 2005 et aucune anomalie n'avait été détectée. Et, surtout, comment une structure bâtie en 1970, dont la durée de vie utile était de 70 ans, s'est-elle écroulée... 34 ans avant l'heure?

Le drapeau du Québec est mis en berne devant l'hôtel du Parlement et les équipes d'enquêteurs arrivent sur les lieux. La Sûreté du Québec, de concert avec Transports Québec et une firme d'ingénieurs indépendants, est chargée d'analyser les lieux du drame.

Pendant ce temps, à Québec, on ouvre une commission d'enquête que présidera l'ancien premier ministre du Québec Pierre-Marc Johnson. Les journalistes et les citoyens aussi entrent dans la « chasse aux défectuosités des infrastructures. » Et si ce n'était que la pointe de l'iceberg?

Une heure fatidique

11 h 25: des patrouilleurs de la Sûreté du Québec avertissent le ministère des Transports que des débris tombent de la structure.

11 h 58: un inspecteur du ministère arrive sur place et récupère un morceau de 20 cm sur 40 cm. Il inspecte ensuite le viaduc et écoute pour déceler tout bruit suspect. L'inspecteur conclut qu'il n'y a rien d'anormal dans la structure.

12 h 33: le ministère des Transports est averti que d'autres débris tombent.

12 h 37: le viaduc de la Concorde s'effondre.

13 h 05: le premier ministre Charest est averti de l'incident. Il se rend sur les lieux de la tragédie le lendemain en début d'après-midi.

Le viaduc démoli

Les restes du viaduc sont jetés à terre le samedi 7 octobre après analyse. Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, ajoute que les 64 structures de sa ville ont été inspectées au cours de la semaine suivant la tragédie.

Le maire y va ensuite d'un voeu pieux: la technologie rendra possible une circulation réduite sur l'autoroute 19 durant la reconstruction du viaduc, peut-être par une voie de contournement. Le maire précise que l'opération pourrait prendre plusieurs mois. L'autoroute sera finalement rouverte trois semaines plus tard.

Un nouveau plan routier s'impose toutefois pour contrôler le flot d'automobilistes qui engorgera les autres routes...