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L'opposition dénonce les compressions

Radio-Canada

Pendant qu'à Ottawa l'opposition décrie le choix du gouvernement d'employer tous les surplus budgétaires au service de la dette, Québec ne se formalise pas du fait que ces sommes ne servent pas à régler le déséquilibre fiscal.

L'opposition s'élève contre les choix du gouvernement conservateur, qui annonçait, lundi, en grande pompe que les 13,2 milliards de dollars de surplus budgétaires iraient, en totalité, au service de la dette.

Libéraux et bloquistes dénoncent notamment le fait que, parallèlement, le gouvernement Harper réduira les dépenses, à hauteur de 1 milliard par année pendant deux ans. Il s'agit d'un premier pas sur la voie de la mise en oeuvre des promesses électorales faites au cours de la dernière campagne. Selon ces promesses, un gouvernement conservateur mettrait fin au « gaspillage de fonds publics » et sabrerait les dépenses inutiles.

Du côté de l'opposition officielle, le député libéral John McCallum a déploré qu'avec en poche des surplus « extraordinaires, énormes! », le gouvernement conservateur décide d'annoncer « le même jour, des compressions pour les gens et les groupes qui sont parmi les moins privilégiés. »

Le dernier exercice financier, au cours duquel ces surplus ont été dégagés, a été planifié et dirigé pour l'essentiel par le précédent gouvernement libéral.

« On a toujours dit qu'on ne devait pas tout mettre sur la dette, qu'il fallait répartir [les surplus] en tenant compte d'un certain nombre de priorités », a rappelé pour sa part le chef bloquiste Gilles Duceppe, critique lui aussi des choix du gouvernement.

Ces priorités, selon lui, devraient notamment inclure les ententes de Kelowna au profit des populations autochtones, les programmes d'aide aux travailleurs âgés et le règlement du déséquilibre fiscal. Il a demandé que ces questions soient débattues.

Québec ne s'offusque pas

Le gouvernement du Québec ne s'est pas montré choqué, pour sa part, du fait que les surplus fédéraux servent à réduire la dette fédérale plutôt qu'à donner de l'argent aux provinces.

Au ministère des Finances provincial, on souligne que le déséquilibre fiscal ne sera pas réglé avec l'injection de sommes ponctuelles en provenance d'Ottawa. On affirme qu'il faut plutôt s'entendre sur des principes, trouver des solutions structurelles comme une réforme de la péréquation et l'amélioration des transferts fédéraux.

De telles solutions, plus en profondeur, permettraient au gouvernement du Québec de compter sur des sommes récurrentes, tous les ans.

La décision des conservateurs fédéraux de ne pas utiliser ces milliards pour combler des besoins des provinces donne néanmoins des munitions aux provinces qui estiment qu'Ottawa a trop d'argent et elles, pas assez, compte tenu des besoins respectifs des instances fédérales et provinciales.

Le premier ministre Stephen Harper s'est aussi engagé, en campagne électorale, à régler ce déséquilibre fiscal.