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La Commission Dubin et ce qui a suivi

Radio-Canada

Le contrôle positif aux stéroïdes coûte à Ben Johnson son titre au 100 m des Jeux olympiques de Séoul et son record mondial. Devant l'ampleur du scandale, le Canada prend les grands moyens.

Le gouvernement fédéral crée la Commission d'enquête sur le recours aux drogues et aux pratiques interdites pour améliorer la performance athlétique, mieux connue sous le nom de « commission Dubin ».

C'est Charles Dubin, juge en chef de la Cour d'appel de l'Ontario, qui est responsable de l'enquête. Pendant plusieurs mois, les témoignages se succèdent et confirment l'usage répandu de substances illicites parmi les athlètes au pays.

Courroucé, Dubin dénonce en grande pompe, en juin 1990, les procédures en matière de dépistage à la fois du gouvernement fédéral et des associations de sport amateur. Les réactions se font attendre 10 mois: le Canada révise ses politiques et crée l'Organisme antidopage canadien.

Cet organisme indépendant obtient le mandat d'élaborer et d'appliquer les politiques en matière de dépistage des substances illicites. Le Canada devient dès lors un chef de file contre le dopage, bien que nombre de pays n'aient jamais considéré les travaux de la commission Dubin.

Et Johnson dans tout ça...

Devant la commission, Johnson contredit tout ce qu'il avait jusqu'alors affirmé. Il a bel et bien utilisé des stéroïdes anabolisants en 1987.

Les résultats sont dévastateurs, bien que prévisibles pour le legs du coureur. La Fédération internationale d'athlétisme efface de la liste officielle son record des Championnats du monde de 1987, en plus de lui retirer son titre.

Depuis ce jour fatidique, Johnson prétend qu'il s'est drogué dans l'unique but de courir sur un pied d'égalité avec l'élite mondiale. Au fil du temps, ses affirmations ont pris du poids.

Après tout, y compris Johnson, 4 des 5 premiers au 100 m des JO de Séoul ont échoué à des tests antidopage à un moment donné: Carl Lewis, Linford Christie et Dennis Mitchell.

Un retour raté

Après ses révélations, le « projectile humain » déchu a été suspendu pour deux ans, selon le règlement en vigueur. Pourtant, Jean Charest, alors ministre fédéral du Sport amateur, avait exigé la suspension à vie.

Johnson fait son grand retour aux Jeux olympiques de Barcelone, en 1992, mais ne dépasse pas les demi-finales. L'année suivante, il est encore pris la main dans le sac lors d'une rencontre à Montréal. Il est alors banni à vie par la Fédération internationale d'athlétisme pour cette deuxième offense.

Le ministre du Sport canadien, Pierre Cadieux, qualifie alors Johnson de « disgrâce nationale ». Il invite même le coureur à « retourner chez lui, en Jamaïque », un commentaire qui souleva la controverse.

C'est tout de même une triste façon de terminer sa carrière pour celui qui aurait pu être le plus grand athlète de l'histoire canadienne...

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