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Stephen Harper s'insurge aussi

Radio-Canada

Le premier ministre dénonce l'association faite entre la tragédie de Dawson et les lois linguistiques du Québec, évoquant un argument « absurde et sans fondement ».

Après Jean Charest, c'est au tour du premier ministre Stephen Harper d'adresser une lettre au quotidien Globe and Mail pour dénoncer une chronique sur la fusillade de Dawson.

« Bien que l'auteure ait droit à son opinion, l'argument avancé est clairement absurde et sans fondement », écrit M. Harper, dans une lettre au ton cinglant. « Non seulement est-ce énormément irresponsable de sa part, c'est également rempli de préjugés (que) de jeter le blâme sur la société québécoise de cette façon. »

Samedi dernier, la chroniqueuse vedette Jan Wong affirmait que le contexte linguistique expliquait en partie la fusillade. Elle soutenait que les auteurs des trois fusillades perpétrées dans des établissements scolaires au Québec, tous d'origine étrangère, n'avaient pas réussi à s'adapter aux lois linguistiques de la province, favorables au français.

Mme Wong associe le tireur de Dawson, Kimveer Gill, à l'auteur de la tuerie de polytechnique, Marc Lépine, qui était d'origine algérienne, de même qu'au tireur de l'Université Concordia, Valery Fabrikant. Elle évoquait un Québec intolérant qui valorise les citoyens d'ascendance « pure laine ».

Stephen Harper ajoute ainsi sa voix à celle de Jean Charest, qui demande au quotidien torontois de présenter ses excuses aux Québécois. Jusqu'ici, le quotidien torontois s'est contenté de publier la lettre du premier ministre du Québec dans le courrier des lecteurs de son édition de mercredi.

D'autres réactions

Le député libéral fédéral Denis Coderre a abondé dans le sens de M. Charest, réclamant à la fois au journaliste de publier un rectificatif et au quotidien torontois de réagir officiellement. « Ce n'est pas une question partisane: comme Québécois, je suis tanné qu'on nous fasse passer pour des sectaires », a-t-il soutenu.

De son côté, la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal a réagi à l'article en déposant une plainte auprès du Conseil de presse du Québec. Pour le président de l'organisme, Jean Dorion, c'est de la fabulation. « Il n'existe aucun indice que ces personnes avaient des préoccupations pour le dossier linguistique, alors ça devient vraiment farfelu », dit-il.

Malgré la controverse, le rédacteur en chef du Globe and Mail, Edward Greenspon, a refusé de commenter les faits et de dire si le quotidien allait ou non faire amende honorable et présenter ses excuses au Québec.

Dans un courriel envoyé aux lecteurs offensés, le journal a affirmé que Jan Wong avait le droit d'explorer différentes analyses, tout comme le public a le droit d'en contester la pertinence.