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Jean Charest exige des excuses

Radio-Canada

Dans une lettre publiée par le quotidien torontois, le premier ministre dénonce un article sur la fusillade au collège Dawson. Selon une chroniqueuse, le contexte linguistique au Québec explique en partie cette tragédie.

Le premier ministre du Québec a demandé au Globe and Mail de présenter ses excuses aux Québécois.

Le quotidien torontois s'est contenté jusqu'à maintenant de publier dans son édition de mercredi la lettre de Jean Charest envoyé à l'éditeur du quotidien torontois. Il y dénonce un article paru le 16 septembre à la suite de la fusillade survenue la semaine dernière au collège Dawson.

La chroniqueuse vedette du journal, Jan Wong, y affirme que le contexte linguistique explique en partie la fusillade. Elle soutient que les auteurs des trois fusillades perpétrées dans des établissements scolaires au Québec ont en commun une origine étrangère et n'avaient pas réussi à s'adapter aux lois linguistiques de la province, favorables au français.

M. Wong associe le tireur de Dawson, Kimveer Gill, à l'auteur de la tuerie de polytechnique, Marc Lépine, qui était d'origine en partie algérienne, de même qu'au tireur de l'Université Concordia, Valery Fabrikant.

Elle ajoute que ce genre de tueries ne survient qu'au Québec, et que s'il est répugnant de parler de pureté raciale ailleurs au Canada, ce n'est pas le cas au Québec.

M. Charest s'est dit « choqué et déçu par cette analyse sectaire ».

« Le texte de Mme Wong est une disgrâce. Il témoigne d'une ignorance des valeurs canadiennes et d'une incompréhension profonde du Québec. Mme Wong devrait ainsi avoir la décence de s'excuser auprès de tous les Québécois », soutient-il.

En outre, le premier ministre défend la bataille historique menée par les Québécois pour « préserver notre langue et notre culture » dans le respect de ceux qui parlent une autre langue, qualifiant le Québec de « société libre et fière de sa différence ».

La Société Saint-Jean Baptiste de Montréal a également réagi à cet article, en déposant une plainte auprès du Conseil de presse du Québec. Pour le président de l'organisme, Jean Dorion, c'est de la fabulation. « Il n'existe aucun indice que ces personnes avaient des préoccupations pour le dossier linguistique, alors ça devient vraiment farfelu », dit-il.

Malgré la controverse, le rédacteur en chef du Globe and Mail, Edward Greenspon, a refusé de commenter les faits et de dire si le quotidien allait ou non faire amende honorable et présenter ses excuses au Québec.

Dans un courriel envoyé aux lecteurs offensés, le journal a affirmé que Jan Wong avait le droit d'explorer différentes analyses, tout comme le public a le droit d'en contester la pertinence.