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Massacre annoncé

Radio-Canada

Kimveer Gill, identifié comme étant l'auteur de la fusillade, s'est décrit sur Internet comme un jeune gothique qui souhaite mourir vite et qui déteste les humains. La Sûreté du Québec mène son enquête.

La lecture du journal personnel de l'auteur de la tragique fusillade au collège Dawson, dans le centre-ville de Montréal, laissé sur Internet, permet de dresser le portrait sombre d'un individu qui semblait vivre dans une réalité parallèle.

En effet, sur un blogue contenant plusieurs photos où on le voit, habillé de noir, brandir l'air menaçant tantôt un fusil d'assaut, tantôt un poignard, Kimveer Gill parle abondamment de son mal-être.

Le jeune Lavallois de 25 ans, amateur de musique métal et de culture gothique, a longuement décrit sur Internet sa haine de la société, des gens normaux, des « sportifs », des policiers qui, selon lui, le surveillaient depuis des mois.

Dans une multitude de messages, souvent plusieurs fois par jour, Gill affichait sa haine envers une société corrompue, peuplée de gens inférieurs. « Vous ne pourrez jamais me comprendre », écrivait-il, deux jours avant de prendre une arme et d'abattre des innocents au collège Dawson.

Il consacre aussi beaucoup de temps à parler de ses passions, de la musique métal, des fusils et de l'esthétique gothique.

Kimveer Gill, moins de deux heures avant la fusillade, affichait toujours son malaise sur un blogue qui donnait la tragique mesure de la personnalité trouble d'un jeune homme de Laval.

Pour la psychologue Rose-Marie Charest, c'est de commettre une erreur que de banaliser les propos d'individus tels Kimveer Gill sous prétexte qu'ils ne se trouvent que sur Internet.

« Il faudra vraiment prendre aux sérieux ce genre de menaces car la personne qui tape le message sur Internet, c'est une vraie personne », a expliqué Mme Charest en entrevue à RDI.

Le psychiatre Nicolas Bergeron, lui, constate qu'il est malheureux qu'une personne comme Kimveer Gill se soit engagée dans une sorte de cul-de-sac en retournant d'évidentes difficultés relationnelles vers les autres.

L'enquête policière est entamée

C'est d'ailleurs cette personnalité que tenteront de comprendre les enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ).

Le lieutenant François Doré, porte-parole de la SQ, a expliqué jeudi matin, sur les ondes de RDI, que l'identification formelle du tueur n'avait pas encore été faite, et qu'il fallait attendre le résultat de l'autopsie.

Le corps de l'assassin n'a été retiré de la scène du crime que tôt, jeudi matin, afin de permettre aux enquêteurs, comme l'a expliqué le lieutenant Doré, d'examiner attentivement la scène de crime. Le corps portait plusieurs blessures d'armes à feu, a rapporté la police provinciale.

Selon la SQ, le suspect avait en sa possession trois armes à feu. On ne sait pas si celles-ci lui appartenaient, ou encore si elles étaient inscrites à un registre.

La police a confirmé que Kimveer Gill n'était pas un étudiant du Collège Dawson. Il n'était pas connu non plus des services de police.

Au cours des prochaines heures et des prochains jours, les policiers vont rencontrer les témoins de la fusillade, les proches du tueur et terminer la perquisition de la résidence de Laval où habitaient Kimveer Gill et ses parents.

La SQ a déjà eu une première rencontre avec les parents de Kimveer Gill. Le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal, Ian Lafrenière, a précisé qu'une centaine de personnes ont été rencontrées jusqu'à présent, et que plus de 300 seront interrogées au cours des prochains jours.