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Intérêt marqué pour le Québec

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Réunis à Québec, les militants du NPD reconnaissent la nation québécoise et demandent le retrait immédiat des soldats canadiens d'Afghanistan. L'idée d'un retour du parti sur la scène provinciale québécoise circule aussi.

En adoptant, samedi, la « Déclaration de Sherbrooke » concoctée l'an dernier par sa section québécoise, le Nouveau Parti démocratique (NPD) reconnaît le caractère national du Québec et son droit à l'autodétermination, précisant que « ce caractère peut trouver son expression dans le contexte fédéral canadien ».

Il défend du même souffle un « fédéralisme asymétrique » tenant compte de ce que « la construction d'une identité et d'institutions nationales s'est fait (sic) de manière différenciée » au Québec par rapport au reste du Canada. Le droit à l'autodétermination du Québec, précise encore la déclaration, « peut s'exprimer de différentes manières, et peut aller jusqu'à l'accession à la souveraineté ».

Le NPD prône un Canada uni, mais « l'unité n'est pas nécessairement l'uniformité », lit-on encore en exergue dans le document de 2005. Selon Pierre Ducasse, conseiller spécial sur le Québec auprès du chef Jack Layton et candidat néo-démocrate dans Manicouagan en 2004 et 2006, ce document (accessible via le lien ci-bas) n'a connu qu'une modification, soit le retrait d'une phrase à propos du scandale des commandites.

La déclaration a été adoptée, comme le demandait la délégation québécoise, par une majorité écrasante (95 %) des membres présents. Le parti, qui n'a aucun député au Québec, cherche à y devenir plus attirant en se défaisant, notamment, de son image de parti centralisateur et sourd aux sensibilités particulières de nombre de Québécois.

50 % + 1... quoiqu'ait dit Layton

La déclaration adoptée affirme encore que « le NPD reconnaîtrait une décision majoritaire (50 % + 1) des Québécoises et Québécois, advenant la tenue d'un référendum visant à modifier le statut politique du Québec ». Elle précise aussi que le parti reconnaît « la capacité de l'Assemblée nationale de rédiger [...] une question référendaire ».

Or, le chef du NPD, Jack Layton, avait affirmé lors de la dernière campagne électorale son appui à la Loi sur la clarté, qui prévoit qu'un référendum sur la sécession du Québec devrait être remporté par les souverainistes au moyen d'une « majorité claire ».

Au cours de la campagne précédente, en 2004, M. Layton avait d'abord affirmé qu'il abolirait cette loi s'il en avait la chance, car il estimait qu'elle ne faisait qu'accentuer les rivalités au pays. Il avait, ce faisant, indisposé son caucus. En 2004, dans son programme, le NPD parlait aussi de « nation » québécoise.

Retour prochain sur la scène provinciale québécoise?

L'idée d'un retour, pour le NPD, dans l'arène politique provinciale au Québec circule aussi au cours du congrès.

Des militants de l'aile québécoise du NPD planchent, depuis le printemps dernier, sur un tel retour du Nouveau Parti démocratique du Québec (NPDQ), formation politique « progressiste et fédéraliste ».

L'embryon de parti, qui a déjà son site web, compte proposer « un projet de société inclusif fondé sur le bien commun et axé sur la démocratie, la justice sociale, l'égalité, la répartition de la richesse et l'environnement » aux Québécois. Il vise aussi à favoriser le développement du Nouveau Parti démocratique dans son ensemble dans la province, au moyen d'une plus grande visibilité dans les médias, notamment.

Francis Clermont, membre de l'exécutif de la section québécoise du NPD, souligne que le projet devrait être à l'ordre du jour du prochain congrès de la section québécoise, en novembre prochain.

Le NPD est présent sur la scène politique provinciale ailleurs au Canada. Les premiers ministres néo-démocrates du Manitoba et de la Saskatchewan, Gary Doer et Lorne Calvert, sont d'ailleurs présents au congrès fédéral de Québec.

Après avoir concentré leurs efforts sur la politique fédérale et évité la scène provinciale en raison de désaccords avec le Parti socialiste du Québec de Michel Chartrand, les néo-démocrates du Québec ont présenté timidement des candidats aux élections provinciales de 1970 et 1976, sans succès.

Officiellement reconnu comme parti politique provincial québécois, le NPDQ a présenté des candidats en 1985. Devenu souverainiste en 1989, il a coupé les ponts avec le NPD fédéral, présentant encore des candidats en 1989 et 1994. Ce « NPDQ souverainiste » est disparu en 1996.

« Appuyez nos troupes. Ramenez-les à la maison. »

Les militants néo-démocrates ont aussi voté à 90 % en faveur d'une résolution demandant au premier ministre Harper de retirer immédiatement les soldats canadiens d'Afghanistan. Ils demandent, par ailleurs, à Ottawa de prolonger l'aide au développement dans ce pays.

Satisfait de l'issue du vote, le chef néo-démocrate, Jack Layton, estime que le peuple afghan souhaite le développement de la démocratie et non plus la violence et l'instabilité. Seul chef de parti à Ottawa à préconiser la fin de la mission canadienne en Afghanistan, il peut s'appuyer sur ce soutien massif de la base de son parti pour continuer à défendre sa proposition.

En marge du congrès, M. Layton a accusé le gouvernement Harper de négliger les vrais problèmes qui menacent la sécurité des citoyens. Il a déclaré que la guerre contre le terrorisme était peut-être la priorité du président Bush, mais qu'elle ne devrait pas être celle du Canada. Le leader néo-démocrate a rappelé que le sida, la pauvreté et les changements climatique faisaient plus de victimes que le terrorisme.

Plus de 1500 militants néo-démocrates de tout le Canada discutent tout au long de la fin de semaine des positions que défendra la gauche canadienne au cours des prochains mois.

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